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 Chatte des villes et chat des champs (extraits)

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Scouby
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MessageSujet: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 9 Nov - 17:00:10

Commençons quand même par le commencement...
Voici le premier chapitre de "Chatte des villes et chat des champs", ensuite je piquerai un peu de texte par-ci par-là.
J'espère que cela vous plaira.




Au seuil de ces pages, souffrez que je me présente : Ardoise, seize ans depuis le mois de mai, chatte grise hébergeant un couple d’humains attaché à son service, Michèle et Daniel C...

Il y a déjà quelques années, j’ai entrepris la rédaction de mes mémoires, que je vais vous livrer ici…

Je tiens à vous signaler que tout ce que je dis est véridique, ma secrétaire à deux pattes écrivant sous ma dictée… Il se peut qu’à certains moments elle ait interprété mes mimiques ou mes faits et gestes selon sa psychologie humaine, elle a "traduit" si vous voulez… mais elle n’a rien inventé ! Parole de chat !



Je crois qu'il vaut mieux commencer par le début, vous ne trouvez pas ? Quand j'étais tout chaton, ma vie a débuté sous une bien mauvaise étoile : j'ai été battue, affamée, martyrisée... Vous ne pouvez pas vous imaginer tout ce que j'ai subi. Puis le Dieu des chats (s’il existe, ce dont je ne doute pas) s'est dit un jour : « Maintenant, ça suffit ! Faisons tourner la roue de la chance pour cette petite chatte grise ! » Et la roue a tourné... Pas trop tôt à mon avis !


J'ai été recueillie par une association d'animaux en détresse : Veeweyde, à Bruxelles. On m'a enfermée dans une grande cage avec de nombreuses autres chattes, on m'a soignée et on m'a donné à manger... Une gamelle géante, pleine à ras bord, dites donc ! Je me suis jetée dessus, vous pensez bien !

Par la suite, j'ai appris que tout le monde avait le droit de manger dans cette gamelle, elle ne m’était pas exclusivement destinée... Mais j’étais toujours la première à y plonger, vu que je suis un chat dominant, ah ah ! Même si j'ai l'air tout modeste, ne vous y trompez pas, je suis dotée d’un petit caractère bien trempé !

Le temps a passé... J'étais contente dans ma grande cage, je dormais sur des vieux journaux. Il y avait même une petite porte qui donnait sur un jardin grillagé. J'ai appris à faire mes petits besoins dans un bac de sable, il paraît que c'est important pour la sociabilité. Et pour la réinsertion dans la société !

Des gens passaient nous voir, nous dévisageaient sous le nez comme une marchandise à l’étal. Parfois, une des chattes de la cage disparaissait : elle avait été adoptée. Mais moi, on ne me remarquait pas. J'étais tellement grise, anonyme, passe-partout... Personne ne me voyait ! Personne ne pouvait deviner la merveille que j'étais, en réalité...

Et j'ai attrapé le coryza : et que je redifle, et que j'éterdue...

Et naturellement, c'est quand j'étais là, avec mon petit nez rouge et mon air pitoyable, que quelqu'un a fait attention à moi. Un bonhomme, vous savez, de la race de ceux qui se tiennent debout sur deux pattes. Non, non, pas un singe ! L’autre espèce, vous voyez ce que je veux dire ?

Il avait l'air tout triste parce que sa chatte siamoise était morte depuis peu, il venait voir ici, au hasard... Un hasard qui fait bien les choses ! En réalité, encore un petit coup de pouce du Dieu des chats !

Moi, j’ai aussitôt pris la situation en pattes ! Quand la jeune femme préposée à notre service a ouvert la cage pour permettre au bonhomme de nous voir de plus près, j'ai grimpé le long du blouson de cet inconnu et j'ai fourré ma petite tête ronde dans son cou. Atchoum !

La partie était presque gagnée... si ce baudit coryza voulait bien be lâcher !

Heureusement, je n'étais atteinte que de façon bénigne... et deux jours plus tard, le bonhomme est revenu, avec une bonne femme et un petit jeune homme. Ma future famille...

Mon regard a croisé celui du petit jeune homme… et des étoiles ont explosé dans ma tête. Je l’ai senti, je l’ai compris là, en cette minute cruciale : j’allais vivre une grrrrande histoire d'amour ! De son côté, il m’a adorée immédiatement, j’étais, à n’en pas douter, la chatte de sa vie !

Un vrai roman de Barbara Cartland ! Avec moi pour héroïne !

C'est comme ça que j'ai été adoptée. On m'a enlevée de la cage et, après la visite obligatoire chez la vétérinaire de service pour me faire délivrer mon ticket de sortie, j'ai pris place dans une voiture (eux assis sur les sièges, moi tapie dans une jolie boîte en forme de maisonnette) et en avant pour ma nouvelle vie !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 9 Nov - 20:17:17

Quelques chapitres plus loin...




Parfois, mes parents d’adoption ont un petit côté "Dr Jekill-Mr Hyde" très inquiétant...

Ainsi, imaginez la scène suivante : un début de soirée paisible et harmonieux. Vous avez, assis tranquillement dans leur fauteuil respectif, un Méchant et une Méchante. L'un en train de regarder la télé, l'autre plongée dans un livre. Sur le dossier du canapé, un doux-z-animal, tout gris et duveteux, se repose tranquillement, persuadé que la vie est belle.

Malheureux doux-z-animal ! Il ne soupçonne nullement la tempête qui va s’abattre sur ses pauvres petites épaules.

Le doux-z-animal (candide et confiant) : gratt gratt gratt !

La Méchante (en un murmure sournois) : Ça y est, elle se gratte de nouveau !

Le Méchant détourne (avec effort) son regard du petit écran et le pose sur la malheureuse créature qui, inconsciente des idées sadiques qui se font jour dans l’esprit des Méchants, continue innocemment : gratt gratt gratt !

Le doux-z-animal : Ça chatouille ! Maudites puces !

Hélas ! Sur ces mots va se jouer un drame d’une crue cruauté ! Le décor est planté pour la tragédie. Les Méchants se lèvent, en catimini. Lui va dans la chambre et en revient, muni d’un aérosol. Elle se dirige vers la malheureuse petite victime qui ne se doute encore de rien et croit (quelle illusion !) baigner dans un climat d’amour et de sécurité.

Maintenant, les Méchants encerclent le doux-z-animal qui se prélasse toujours sur le dossier du divan. Pourquoi se méfierait-il ?

Le Méchant (caressant hypocritement la superbe fourrure à triple épaisseur, abri d’hôtes minuscules et indésirables) : Gentille Ardoise ! Beau chacha… guili-guili… Allez, Michèle, vas-y, asperge !

Asperge ? Il est fou ou quoi ? Quelle est la place de ce légume dans ma vie à moi ?

À peine ai-je le temps de me poser la question, que la réponse jaillit, terrifiante : asperge vient du verbe asperger ! Au secours !

Pschhhhhht ! Une affreuse substance malodorante entre en contact avec ma belle fourrure ! Je me mets à gigoter, éperdue.

Je suis une chatte-martyre ! Appelez la Fondation Brigitte Bardot ! Alertez les médias ! Voilà qu'on répand cette ignoble mixture (est-ce une poudre, un liquide ?) tout au long de ma pauvre petite colonne vertébrale ! Aaaaah ! C'est froid !

— Ardoise, arrête de hurler comme ça, tu exagères !

Je voudrais l'y voir, moi !

— C’est pour ton bien !

Voilà, l’éternel refrain ! Dans le passé, on brûlait des pauvres sorcières pour leur bien ! On colonisait des peuples (qui n’avaient rien demandé) pour leur bien ! Qu’on ne croie pas que je tombe dans le panneau !

Ils me lâchent. Je saute à terre et cours au hasard dans la pièce, toute tremblante et désorientée, cherchant un abri où me dissimuler. Je ne trouve rien. Toutes mes belles cachettes, si ingénieuses, me semblent à présent dérisoires. Rien ne pourra me secourir en cette occurrence. Le désespoir me submerge.

Vous vous imaginez ? Je suis hideuse ! J’ai les poils tout raides et je ressemble à un porc-épic !

Les Méchants considèrent leur œuvre, un peu gênés. Il y a de quoi !

— Pauvre Ardoise, elle est toute malheureuse ! s’apitoie l’arroseuse (pas arrosée hélas).

— Bah, ça lui passera ! Fallait bien le faire ! Elle nous remerciera plus tard ! commente le bourreau, à la fois fataliste et optimiste.

Après le désespoir viennent des pensées de vengeance : je balaie du regard les surfaces planes du salon, choisissant les bibelots que je jetterai à terre.

Pour me mettre à l’abri, je me cale derrière une statuette en bronze, très lourde, posée sur le coin de la cheminée. Il n’y a pas beaucoup de place, je suis un peu comprimée entre le mur et la statuette, mais ça ne fait rien. J’avance doucement la patte vers un affreux poisson en porcelaine que Daniel aime beaucoup.

— Daniel, ton poisson ! avertit la Méchante.

Il ne fait qu’un bond pour sauver son poisson. Puis il entreprend de débarrasser la cheminée de tout ce qui l’encombre.

Zut alors, ils ont compris ! Ils mettent en sécurité une lampe colorée en faux Tiffany (mon second objectif), le bronze derrière lequel je me terre (il pèse vingt-cinq kilos mais avec moi, on ne sait jamais) et me voilà toute seule sur la cheminée, toujours hérissée et fulminante.

Plus tard, quand ils me croient calmée et ne me regardent plus, je décroche le téléphone et laisse pendre le cornet. Dommage que je ne connaisse pas par cœur le numéro d’appel du refuge Veeweyde, je leur demanderais de revenir me chercher…

Mes parents d’adoption mettront deux jours avant de se rendre compte que je les ai coupés du monde extérieur…

Pour l’heure, je continue à ruminer de sombres pensées : ah, Michèle aura beaucoup, beaucoup de mal à se faire pardonner, je sens ça ! Je vais bouder jusqu'à...

Mais qu'entends-je ? La porte du frigo qui s'ouvre ! Je tourne la tête, mine de rien, pour observer sans qu'elle me voie. Officiellement, je suis mortellement offensée. En réalité, ma colère commence à se diluer...

Du coin de l’œil, je la vois prendre une boite de carton bleu. Je reconnaîtrais cette boîte entre toutes : du colin d'Alaska surgelé ! Mon plat préféré !

Elle pose deux ou trois briquettes de poisson sur une assiette, ouvre le four à micro-ondes... Bzzzzzzzzzzz !

Je suis tout ouïe ! Oh, le chant harmonieux du four à micro-ondes !

Bzzzzzzzz ! Ding !

Je bondis !

— Mon poisson est cuit ! Mon poisson est cuit !

— Attends, ma minette, faut que ça refroidisse !

C'est ça que je ne comprends pas : quand ça a fait Ding, c'est que c'est prêt, hein ? Pourquoi est-ce qu'il faut encore attendre ? C'est de la cruauté mentale, ça !

Et ce bête colin qui met du temps à refroidir ! Il pourrait un peu se grouiller, celui-là !

Après de longues, longues minutes, j'ai enfin droit à mon poisson. Evidemment, je suis restée tout ce temps postée devant le four, bien droite, la queue en cierge. Faut pas qu'ils oublient de me nourrir, hein ? Ils me doivent bien ça après m'avoir torturée de si honteuse manière !

Le colin me paie de toutes mes souffrances. C'est absolument délicieux…

— Bon, dis-je, ça va, je ne boude plus, je ne suis plus fâchée. Mais faites attention, hein ? La prochaine fois, ça ne se passera pas comme ça !

Bien entendu, ça se passe toujours comme ça... mais dans l'intervalle, j'aurai oublié !

Mes puces sont parties, mon pelage est redevenu soyeux. Une fois de plus, j'ai dû traverser l'épreuve de la visite chez mon véto et, comme je suis un chat qui s'intéresse à tout, j'ai jeté un coup d’œil sur mon petit carnet de santé : "Chat - Sexe féminin - Tricolore".

Tricolore, moi ? Je me campe devant le grand miroir de la lingère, m'examine soigneusement. Mon poil est gris... Bon, il y a évidemment plusieurs nuances de gris, je suis plus claire sous le menton, et si mon dos est un peu tigré, mon ventre est plutôt tacheté... C'est très joli je trouve. Mais quant à être tricolore... Qu'est-ce qu'il a voulu dire, le docteur ?

Après une laborieuse réflexion, je crois avoir trouvé : Mais-bon-sang-c'est-bien-sûr !

Je suis grise de fourrure, mais j'ai des yeux d'un vert tendre et une petite langue du plus joli rose !

Voilà pourquoi je suis tricolore !

Je poursuis ma lecture... Hein que vous aimeriez avoir un chat comme moi ? Unique. Du moins c’est mon opinion, très objective vous en conviendrez.

" Signes particuliers : néant."

Comment, néant ? Je suis ulcérée : ce vétérinaire a vraiment les yeux dans sa poche, il n'a pu apprécier à sa juste valeur l'être d'exception qu'il avait le privilège d'examiner en son cabinet ! "Néant" ! Non mais des fois !

S'il devait m'arriver quelque chose dans la rue, personne ne pourrait me reconnaître, à cause de cette infâme mention dans mon carnet de santé ! Personne ne s'écrierait : « Mais c'est Ardoise Cuvelier, je la reconnais à ses signes particuliers ! »

Il faut absolument que je corrige cela : à la place de "Néant", je pose soigneusement l'empreinte de ma patte, comme une petite fleur ouverte. Au moins, on pourra me reconnaître à mes empreintes digitales...

Ensuite : "Tatouage : ACR... " et puis trois chiffres.
C'est vrai, je suis tatouée, pour qu'on puisse me reconnaître en toutes circonstances. Si je décidais un jour de faire mon baluchon et de me lancer à la conquête du vaste monde, il me faudrait déjouer une surveillance policière de tous les instants. Cette seule perspective suffit à me détourner de toute idée de voyage...


Finalement, je me sens si bien chez moi !!!




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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 10 Nov - 18:57:26

Merci Scouby de nous faire partager le livre des souvenirs d'Ardoise.

J'ai adoré et c'est avec impatience que je vais guetter la suite de l' histoire de cette chatte sublime et hors du commun

De grandes caresses pour elle


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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 10 Nov - 20:53:20

Merci Luna !
Ce qui est merveilleux avec les chats, c'est qu'ils sont tous sublimes et hors du commun, quand ils ont la possibilité de développer leur personnalité sans être obnubilés par la faim et la nécessité de pourvoir à leurs besoins vitaux. Pour le moment je nourris un petit SDF que j'appelle Tigrou et de timide qu'il était au départ, il commence à manifester ses exigences par des miaulements divers et des petites mimiques craquantes. Et moi, évidemment, je craque...
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 10 Nov - 22:21:35

Oui ça ne m'étonne pas les chats ont un incroyable pouvoir de séduction.

Tu racontes très bien les histoires c'est un vrai plaisir de les lire

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 12 Nov - 21:14:48

Magnifique ton histoire Scouby, et en plus très bien écrite c'est un vrai plaisir de te lire, félicitations

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 12 Nov - 22:07:40

Merci ! Je continue très prochainement, je suis contente que cela vous plaise !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Ven 13 Nov - 20:34:31

Ah ça oui, c'est du feuilleton de haute haleine...
Tiens, en passant, il me semble qu'il puisse y avoir quelques similitude avec ce que pourrait ressentir quelques uns de mon cheptel domestique, quand, inopinément et traitreusement, le très désagréable jet d'un aérosol anti bébêtes sauteuses, ou volantes se déclenche autour du divan.
Excellente la petite histoire que je ne découvre que ce soir.
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Sam 14 Nov - 11:11:22

Merci, je vais en ajouter un peu ce week-end.
Avec l'évolution des produits anti-puces, Ardoise et les autres ne sont plus soumis au jet de l'aérosol, mais seulement à une pipette "Frontline" dans le cou. Beaucoup moins traumatisant !
Notre pauvre Caramel, chatte siamoise adorée et décédée depuis de nombreuses années, avait dû porter un collier anti-puces qui sentait mauvais. La pauvre !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Sam 14 Nov - 13:56:12

Justement, dans cet extrait, on va parler de Caramel...





Vous savez donc que j'occupe, dans ma nouvelle famille, une place privilégiée... En arrivant, j'étais un peu timide, mais j'ai pris mes marques. Après quelques mois de cohabitation, vous auriez dû me voir : le regard malicieux, la fourrure soyeuse, de grands yeux d'un vert tendre et un petit bout de langue qui surgit, tout rose, quand je réfléchis ! Avec mon port de tête altier et mon appendice caudal dressé fièrement à la verticale, je corresponds à la plus élémentaire idée que l'on puisse se faire d'un félin satisfait de lui-même et du monde qui (bien sûr) tourne autour de lui !



— Oh oui, me dit Michèle, tu es une championne de l'autosatisfaction, on ne peut pas dire le contraire !

— Ben quoi ! Il a suffi d'un tout petit coup de pouce du destin, je me suis chargée du reste! J'ai bien mené ma barque, non ?

Je parle ainsi, mais en réalité, je n'oublie pas que je dois ma chance actuelle au décès d'une autre chatte, Caramel, à qui j'ai succédé.

Car tel est notre lot à nous, animaux dits de compagnie. Souvent, notre arrivée est destinée à combler un vide, à surmonter un deuil. C'est comme ça et je n'y puis rien. Alors, autant faire avec !



L'autre nuit, j'ai rêvé... Ou n'était-ce pas un rêve ? En ma qualité de chat, je me retrouve si facilement à la lisière de deux mondes !

Donc, l'autre nuit, vous me croirez ou pas, j'ai fait la connaissance de Caramel. Sa forme fluide et longiligne est venue se poser délicatement sur le dossier du canapé où j'étais étendue. Cela ne m’a pas vraiment étonnée, il me semblait bien l'avoir déjà aperçue, en transparence, dans l'appartement. Bien entendu, je suis seule à détecter sa présence, ils sont tellement obtus, les humains !

Par conséquent, je n'étais pas surprise, mais plutôt intimidée : j'avais entendu tellement de choses à propos de cette chatte !

L'énumération de ses qualités, notamment : racée, intelligente, aimante... Mais aussi possessive, sûre de son bon droit et surtout, très bavarde ! Il paraît que c'est comme ça, un siamois.

Et voilà qu'elle était là, devant moi !



Elle me détaillait d'un regard quelque peu dédaigneux, en levant haut son nez de velours noir, d'une aristocratique longueur. Visiblement, elle s'interrogeait : « Qu'est-ce que c'est que ça ? »

Ça, c’était moi.

Enfin, elle a daigné m'adresser la parole.

— Comment t'appelles-tu, petite chose ?

— Ar... Ar... Ardoise !

Elle émet un petit reniflement distingué :

— À ce que je vois, mes chers humains n'ont pas perdu la détestable habitude de nommer un chat en fonction de sa couleur ! Il n'y a rien de plus bête, si tu veux mon avis. Un nom de chat se choisit en fonction de sa personnalité profonde... Ainsi moi, est-ce que j'ai une tête à m'être appelée Caramel, dis-moi ?

J'ouvre des yeux comme des soucoupes. Quelle réponse trouver, qui lui fasse plaisir ? Je veux être dans ses petits papiers, moi ! Je risque :

— Heu... Vous ne seriez pas un peu foncée, pour un caramel ?

J'ai droit à un regard de pitié.

— Et voilà ! Tu tombes dans le même travers ! Soit dit en passant, ma robe est foncée parce que j'étais déjà âgée de onze ans au moment de mon départ. Tu aurais dû me voir à trois mois et demi, quand ils sont venus me chercher chez mes parents ! J'avais une robe couleur crème, absolument splendide...

— Comme une babelutte, alors ?

Elle me dévisage fixement, de ses yeux bleus devenus glacés. Je patauge.

— Vous savez, ces bonbons qu'on vend sur la côte belge, notamment à Dixmude...

— Je sais ! coupe-t-elle sèchement.

Je tente de me rattraper : « Et comment auraient-ils dû vous appeler, M’dame ? »

— Au moins Néfertiti ou Cléopâtre ! Au cas où tu ne le saurais pas, petite chose, c'étaient des reines. D'Egypte !

Elle prend une pose hiératique et se place de profil.
Je digère l'information. Est-ce que je dois lui dire Majesté ?


À la recherche (ardue) de points communs entre nous, je relance la conversation :

— Vous venez aussi du refuge Veeweyde ?

— Mais non, voyons ! Je viens de te dire qu'ils sont venus me chercher dans ma maison natale, à Dion-Valmont. C'est une commune chic, tu ne connais pas, petite chose... Ils ont fait la connaissance de mon père, de ma mère, de ma petite sœur et des humains à notre service... J'étais une jeune fille d'excellente famille !

— Ça se voit, dis-je sincèrement.

Elle est snob, mais bon ! Je ne vais pas en faire une maladie. Moi, je ne suis pas une jeune fille de bonne famille, mais ce n'est pas donné à tout le monde, hein !

Aussitôt, elle se radoucit.

— Il faut avouer qu’après tout, tu as l'air d'une bonne pomme... concède-t-elle gracieusement.


Et elle ne peut s'empêcher d'ajouter : « ... comme on dit dans ton milieu ! »

Quand même, le poids de mes ancêtres trop inconnus m'écrase ! Je n'ai pas la moindre idée de l'identité de mon père et me souviens si peu de ma mère ! Je ne sais même pas si elle était grise comme moi ! Accablée, je baisse la tête.

La chatte Caramel inspecte mon canapé.

— Tiens, ils ont changé l’ameublement de leur salon ? Mon fauteuil à moi était plus seyant, tout en velours brun assorti à mon museau, mes pattes et ma queue !

— Oui, ces meubles sont entrés ici en même temps que moi !

— Mais… il est déjà tout abîmé, ce canapé, tu vas vite en besogne, toi !

— En effet, je dois reconnaître que j'ai des griffes extra et des dents solides, dis-je d'un petit ton modeste.

D'un bond souple, elle saute du canapé et trottine vers la cuisine.

— Ils ont aussi changé la cuisine, dis-je. Uniquement pour me faire plaisir !

— Tu veux rire ! S'ils ont tout transformé, c'est parce que plus rien ne fonctionnait ! Quand je suis partie, le frigo venait de rendre l'âme et la cuisinière électrique menaçait d'en faire autant !

J'insiste :

— Non, non ! Ils ont tout démoli, ils ont enlevé toutes les vieilles armoires pour m'offrir un terrain de jeu !

C'est bien vrai, mes amis, vous savez !

Quand la cuisine a été vide, il n'y avait même pas de carrelage par terre, aux endroits où étaient précédemment encastrés les meubles et les appareils électroménagers.

Devinez ce qu'il y avait à la place ? Du sable ! Du beau sable bien blanc ! Toute une étendue de sable… rien que pour moi !

Je me suis amusée comme une folle durant quelques jours, avant qu'on vienne installer la nouvelle cuisine.

Ça, c'était un cadeau !

— Tu te moques de moi, je pense ! rétorque Caramel d’un miaulement soupçonneux.

— Me moquer de vous ? J’oserais pas !

Et histoire d'enfoncer le clou, j'y vais d'une vertueuse réplique racinienne : « Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur ! »

La citation idéale pour briller en société, les copains, je vous le jure !

La chatte Caramel passe l'éponge et poursuit sur un ton mondain :

— Et comment se porte la famille de nos humains ? Tu sais, tous ces gens que j'ai eu l'occasion de mordre un jour, à l'occasion d'un mariage, je crois. Celui de Philippe, le frère de notre Michèle.

— Mordre ? dis-je, sidérée.

— Bien sûr ! Il fallait bien que je manifeste mon mécontentement face à cette intolérable offense : mon appartement envahi, mes habitudes bouleversées ! Tous ces humains vulgaires qui prétendaient me caresser ! J'ai vite mis bon ordre à cela : à la fin de la fête, plus personne n'osait me toucher !

Je n'en reviens pas. Quel style !

— Note, poursuit-elle sur un ton de confidence, je n'ai jamais mordu sans prévenir ! Quand je levais la patte droite, ça voulait dire « Attention ! » Il fallait être bien bête pour insister !

— Mais... ces gens ne comprenaient peut-être pas le langage chat ?

— Ça, ce n'était pas mon problème !

Je suis subjuguée. Qu'est-ce que j'aimerais avoir ce panache, cette allure ! À côté, je fais plouc, que c'en est lamentable.

— Vous... vous voudriez pas me donner quelques leçons, Vot'Seigneurie (j'aime mieux ça que Majesté) ? Moi, je n'intimide personne, mais j'aimerais bien ! Comment on fait ?

En avant pour une démonstration magistrale !



— La première règle, fondamentale, c'est : imposer ton caractère ! Ne jamais accepter un compromis ! Faire comprendre à ta famille qu'ici, le maître, c'est toi !

— Hou là là ! Comment je vais faire, moi ?

— Prenons une situation simple : ils sont à table, en train de dîner. Je parie que tu les regardes d'un air bonasse, sans bouger de ton fauteuil. Je me trompe ?

— Non... Mais pourquoi je les embêterais ? J'aime pas ce qu'ils mangent !

— C'est une question de principe ! Il faut les harceler ! Ils t'enfermeront sans doute dans une autre pièce, comme ils le faisaient avec moi, pour avoir la paix... mais sois tranquille : à la fin du repas, ils t'ouvriront la porte et, si tu protestes bien haut contre l'indigne traitement dont tu es l'objet, non seulement ils te présenteront leurs plus plates excuses, mais en plus, ils empliront une assiette de victuailles choisies, rien que pour toi! Tu as compris ?

— Non.

Elle ne s'avoue pas battue et poursuit courageusement :

— Un autre exemple : ils mangent du chocolat ? Tu en exiges un morceau ! La fois suivante, ils attendront que tu fasses mine de dormir à l'autre bout de l'appartement et se rendront dans la cuisine à pas de loup, pour se servir en catimini. Ce sera la preuve que tu t'es montrée ferme dans tes exigences et qu'ils te redoutent ! Comme tu as de bonnes oreilles, tu entends le froissement du papier argenté et tu accours à toutes pattes, en manifestant bruyamment ton indignation, pour montrer que tu n'es pas dupe de leurs petites manières mesquines. Alors ? Qu'est-ce que tu en penses ?

— J'aime pas le chocolat.

— Tu as tort, moi j'adorais ! Mais j'ai dit du chocolat comme je dirais par exemple : des olives noires bien cuites, de la crème fraîche…

— Beurk ! J'aime pas tout ça ! Moi je veux mes boîtes Félix ! Ou alors une petite noisette de beurre salé ! Ou un chips à lécher !

Elle hésite, perplexe. Quel genre de chat suis-je là ? Finalement, sa décision est sans appel :

— Toi, c'est Bécassine qu'ils auraient dû te nommer !

— C'est une reine de quoi, ça ?

— Une reine des cloches ! Décidément, toute ton éducation est à faire, mais pour le moment je n'ai pas le temps de m’en occuper. Tu ne perds rien pour attendre, je reviendrai ! A plus tard !

Et Frrrrrt ! Je me retrouve toute seule sur le canapé.



Reine des cloches...

C'est joli, une cloche. Nous en avons une, dans la tour de l'église de notre village du week-end. Elle sonne le temps qui passe, chante l'angélus de midi et de six heures. Elle est un peu fêlée, mais ça n'a pas d'importance.

Elle m'a fait un beau compliment, Sa Seigneurie !



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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 16 Nov - 9:53:07

Merci Scouby je me suis régalée . Je voyais la scène , quel talent et quel humour

Tous mes compliments tu écris merveilleusement bien

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 16 Nov - 12:03:26

Merci Luna ! Aujourd'hui, je suis bien contente mais je n'ose pas trop pavoiser, pour ne pas tenter le sort : un magazine connu, consacré aux chats, m'a demandé de lui envoyer un de mes "romans félins" pour un article. J'espère que ça leur plaira !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 16 Nov - 13:00:24

Je suis très heureuse pour toi Scouby , tu le mérite, pour que ça marche

J'espère que tu continueras à nous faire partager tes textes même après le succès

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 16 Nov - 14:05:18

Nous n'en sommes pas encore au succès !
Oui, bien sûr, je continuerai à partager mes textes, je trouve ce forum très sympathique !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 16 Nov - 15:07:43

Merci Scouby

Je suis certaine que tes textes vont avoir beaucoup de succès .

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 19 Nov - 12:17:23

Encore un petit extrait !






Je préfère la semaine au week-end ! La semaine je me repose, mais le week-end est traumatisant : nous allons à la campagne, dans la vieille baraque que Michèle et Daniel sont en train de retaper pour aller y habiter plus tard.



Ainsi, l'autre jour, je regardais Michèle empiler dans le hall d'entrée des sacs bien garnis. J'aurais dû me douter que cela présageait un départ imminent, mais je ne me suis pas méfiée. On ne peut pas penser à tout.

Je m’endormais paisiblement quand j'ai entendu mon nom susurré avec une douceur suspecte. En même temps, on m'a soulevée de mon fauteuil et fourrée, sans que j'aie le temps de reprendre mes esprits, dans cette affreuse cage d'osier que je honnis !

Indignée, j'ai poussé un long miaulement lugubre, mais rien à faire ! On part quand même, malgré mes protestations !

On pose ma cage sur le siège arrière de la voiture et un instant plus tard, tout se met à vrombir, à vibrer ! Affreux ! Les premières minutes de ce calvaire, je demeure muette, tétanisée.


À peine sur l'autoroute...


— Le chat a l'air assez calme....

— Miaaaaaaaa !

— Ça y est, j'ai parlé trop tôt, la sérénade commence !

De Bruxelles à Charleroi (60 kilomètres de route), j'entonne mon grand air :

— Aaaaaaaaah ! Aaaaaaaaaaaaaaaah ! J'veux paaaaaaas ! J'veux sortiiiiiiir ! Aaaaaaaaah !

— Ardoise, tais-toi !

Je ne supporte pas qu'on me réponde sur ce ton. Ma voix atteint des accents dignes de la Castafiore :

« Aaaaaaaaaaaaaaaaah ! Ooooooooooooooooh ! Au secouurs ! »

— Cette chatte va devenir aphone !

Aucun danger : vous n'avez pas fini de m'entendre !

À Charleroi, je me repose un tantinet : la voiture s'est arrêtée parce que Michèle va dire un petit bonjour à sa sœur qui travaille là.

Ladite sœur vient jusqu'à la voiture saluer Daniel et m'admirer.

— Oh, comme elle est minouche... Et si sage !

Sans commentaires…

De Charleroi à Beauraing, encore 50 kilomètres. J'agrémente la route de mes robustes vocalises.

Enfin, nous arrivons !

Je suis donc dans la voiture, à gémir sur un mode aigu très éprouvant pour les oreilles humaines... je le sais, c'est pour ça que je le fais ! Mais enfin, un parfum connu vient chatouiller mes narines : de la terre mouillée, du sapin... Nous sommes arrivés ! La voiture s'engage dans le virage qui conduit à notre village... Mon panier tangue ! Ne riez pas, je me suis un jour retrouvée par terre, entre les sièges, dans ma cage renversée. Et mes deux bipèdes qui ne s'apercevaient de rien ! Ce sont des cas, ceux-là, je vous jure !




Je vais enfin pouvoir me dégourdir les pattes !

— Pas maintenant, Ardoise, attends que la voiture soit déchargée !

Et hop ! On saisit mon panier, on le place sur un meuble (par terre il fait trop froid), avec l'ouverture contre le mur, pour que je ne puisse pas m'évader. Il faut dire qu'à l'époque déjà lointaine où ils ne connaissaient pas encore mes multiples talents, ils se contentaient de poser le panier sur un fauteuil. Un jour, en digne émule de David Copperfield (le magicien), je me suis mise à l'ouvrage : millimètre par millimètre, je me suis faufilée entre les barreaux d'osier ! Triomphante, j'ai débouché à l'air libre, laissant derrière moi ma cage bien close. Ce fut ma première et dernière tentative réussie : maintenant, ils prennent leurs précautions ! Je sais bien que c'est pour ne pas me perdre... mais ils pourraient me laisser un peu de liberté, quand même ! Je meurs d'envie de courir à l'aventure dans les prés…

De longues minutes plus tard, une fois la porte de la maison fermée au verrou, on me libère enfin.

Je fonce droit sur ma gamelle du week-end, qui m'attend sur le sol de la cuisine. Elle est très jolie, ma gamelle, toute blanche avec un petit clown peint dessus. Je possède aussi le bol assorti.

— J’ai choisi cette assiette d’après ta personnalité profonde, chère Ardoise ! ronronne Michèle.

C’est bien gentil… mais pourquoi un petit clown ? Je suis perplexe.

Mais que vois-je ? Ma gamelle est vide ! Michèle n'a même pas pris le temps de la remplir ! De telles émotions accumulées vont me donner une crise cardiaque, à la fin ! Je m'époumone.

— Vite, à manger pour le chat ! Pauvre minette !

Ah, quand même ! Ce n'est pas trop tôt, il y a comme du relâchement dans le service, on dirait...

Je mastique lentement une ou deux boulettes de viande. Ce n'est pas que j'aie vraiment faim, mais une assiette remplie, ça me donne un sentiment de sécurité. C'est psychologique.

Pendant que je me remets de mes émotions, Michèle range nos affaires, tandis que Daniel, l’homme de service, tente d'allumer le poêle à bois.

Très intéressée par cette opération, je m'approche et l'observe, prête à lui porter secours.

Phase n° 1 : il s'aplatit sur le sol, au niveau de l'ouverture du poêle. C'est fou ce qu'il ressemble à un chat, comme ça ! C'est sûrement pour me faire plaisir ! Je frotte ma tête contre son épaule en roucoulant. Puis je saute sur son dos : Hue, cheval ! Je ne sais pas pourquoi, mais il n'a pas l'air d'apprécier... surtout que j'ai sorti mes griffes pour les agripper à son pull. Je me fais rabrouer. C’est toujours les mêmes qui trinquent.

Phase n° 2 : il enlève la cendre du bois que nous avons brûlé le week-end passé. Je gambaderais bien dans cette poudre grise, mais cela m'est strictement interdit, comme tant d'autres activités amusantes, hélas...

Phase n° 3 : il froisse des feuilles de papier journal, les fourre dans le poêle et craque une allumette. Le papier flambe. Comme c'est joli ! Je m'approche, pour observer cela de près.

— Tu veux brûler tes belles moustaches, Ardoise ?

Phase n° 4 : il ajoute du petit bois... et nous nous mettons tous à larmoyer et à tousser. Une fumée épaisse envahit la cuisine. Argh ! Argh !

Phase n° 5 : on ouvre une fenêtre, en me tenant à distance bien sûr : quand tout le monde s'amuse, je ne peux jamais participer, c'est trop injuste !

Phase n° 6 : Le bipède agite un journal en faisant de grands moulinets avec les bras, pour chasser la fumée au-dehors.

Tiens, les voisins n'ont pas encore appelé les pompiers !

Phase n° 7 : on referme la fenêtre. Le poêle consent enfin à évacuer la fumée par l'orifice de la cheminée. Daniel n'a plus qu'à ajouter une grosse bûche et voilà, le feu a pris ! Après-demain, quand on devra repartir, il fera idéalement bon dans la maison. C'est toujours comme ça.

Pour l'heure, nous sentons tous le jambon fumé, même ma modeste petite personne.

Le feu de bois, c'est peut-être bien pittoresque, mais j'ai une nette préférence pour le chauffage central. J'évoque avec nostalgie mon appartement bien douillet : mon petit coussin sur le radiateur, ma place bien chaude sur le carrelage de la cuisine...

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 19 Nov - 12:28:21



Une exclamation horrifiée détourne le cours de mes lugubres pensées.


— Oh, zut, il y a de nouveau des souris ! Elles ont mangé le paquet de spaghetti et le chocolat !

Des souris ? Je pense qu'il va falloir que je joue le rôle du chat, dans cette maison ! Je ne sais pas pourquoi, c'est toujours moi qui m'y colle ! Comme je suis bonne fille, je prends un air inspiré et je flaire, longuement, le moindre petit coin. Elles sont là, je le sens ! Leur trou doit se trouver sous l'armoire de la cuisine.

Pleine de zèle, je m'élance. Si je leur fais bien peur, elles partiront ! Pas question que je leur fasse du mal : je ne pourrais faire souffrir une mouche ! Mais ça, mes humains n'ont pas besoin de le savoir...

Je me précipite sous l'armoire... mais que se passe-t-il ? Je suis arrêtée dans mon élan ! Je rame désespérément des pattes, tandis que mon petit ventre dodu et mes petites cuisses bien enveloppées restent coincées ! Je ne peux plus avancer !

Me tortillant comme une danseuse de french cancan, je parviens à rebrousser chemin et à me sauver de cette périlleuse position.

C'est-y que j'aurais un peu grossi ? Je ne l'aurais pas cru... J’ai peut-être un peu forcé sur les boulettes en gelée…

Qui donc a émis un ricanement discret, là, derrière moi ?

Changement de tactique : je vais guetter les souris devant l'armoire et non plus dessous. Je vais m'armer de patience et attendre, immobile comme un piquet, durant de longues secondes.

Mais que vois-je ? Ma petite balle de ping-pong, là, par terre ! Un de mes jouets préférés !

Je vais jouer, je reviendrai peut-être guetter les souris après... si je ne les ai pas oubliées entre-temps.

— Ici, les souris ont de la chance ! dit Michèle.

Elle ne croit pas si bien dire...

Un peu plus tard, je suis dans la cuisine, occupée à me restaurer avec dignité, pendant que mes parents regardent la télé au salon. Distraitement, Michèle pose les yeux sur moi... Surprise ! Elle en reste pétrifiée !

Je ne suis pas seule dans la cuisine : une petite souris grise, face à moi, fait également honneur à mon repas !

— Alors comme ça, vous habitez ici toute l'année ? demandé-je avec politesse, entre deux bouchées.

— Mais oui, zoli çat gris ! Ze manze ce qui reste dans les armoires ! Et ma famille aussi !

— C'est très intéressant ! Zut, ma mère nous a repérées… Elle va de nouveau prétendre que je ne suis pas un vrai chat !

— Z'est votre maman, là, zoli çat gris ?

— En fait, je suis une enfant adoptée, précisé-je modestement, c'est pour ça que nous ne nous ressemblons pas vraiment, Michèle et moi.

Nous mastiquons encore quelques instants, en parfaite harmonie.

— Ah ! Z'étaient bonnes, vos boulettes Kitekat !

— Voui, mais personnellement, je préfère le Félix ! Enfin, ça dépend des jours… Bon, maintenant c'est pas tout ça, va falloir que je fasse semblant d'être un vrai chat ! C'est la corvée, ça ! Vous voulez pas vous mettre à courir pour que je vous poursuive ? C'est juste pour rire, vous savez !

Accommodante, la souris entre dans le jeu. Elle s'en va en trottinant. Je lui emboîte le pas en prenant soin de ne pas la rejoindre. Comme ma patte lui effleure la queue par inadvertance, je fais un petit bond en arrière : « Oh, pardon ! »

— Y a pas de mal ! gazouille ma nouvelle amie en filant se cacher dans son trou (sous l'armoire, bien sûr).

Maintenant, Michèle en est sûre. Je ne suis pas un vrai chat !

— Et on n'avait même pas de caméra ! soupire-t-elle. Personne ne va nous croire quand on racontera ça !

Pourtant, cela s’est réellement passé, je vous le jure ! Parole de chat !



C'est le soir, nous allons au lit. Comme nous sommes à la campagne et pas dans mon petit appartement douillet, je les suis dans la chambre et me faufile sous les couvertures. Je ne tiens pas à attraper froid !

— Ardoise, tu te coucherais dans le sens de la longueur du lit au lieu de la largeur, je pourrais peut-être étendre les jambes, moi !

Quelle mesquinerie, vraiment ! Je ne réponds même pas.

Je m'endors et me mets à ronfler.

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 19 Nov - 13:03:02

Sacré numéro cette Ardoise, j'adore

J'aurai bien voulu moi aussi que ça soit filmé

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 19 Nov - 13:14:00

Maintenant nous sommes toujours équipés d'un APN mais à l'époque ça n'existait pas encore... Et notre caméra était restée à Bruxelles ! La scène s'est renouvelée plusieurs fois et nous n'avions jamais la caméra à portée de main, c'est râlant !
Plus de souris en vue actuellement : Geisha et Charlot sont trop vigilants. Ardoise, elle, elle s'en f... !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 26 Nov - 13:18:52

Voilà une semaine que nous sommes sans histoires ... sniff

C'est juste parce que je les aime beaucoup les histoires d'Ardoise


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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 26 Nov - 14:35:54

Une semaine, déjà ? J'en remets dans quelques instants, Luna !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 26 Nov - 14:47:33

Un peu plus tard, nous voyons apparaître le second héros du livre...





Et voilà, l'habitude est prise ; tous les vendredis, je dois quitter mon appartement bien chauffé pour affronter la froidure de notre bicoque de campagne ! Avouez qu'il y a de l'abus !




Enfin, lentement l'hiver se passe et le printemps fait son apparition. Le soleil consent à me chauffer la plante des pattes. Dans le jardin, des jonquilles dorées pointent le bout de leur nez (si j'ose dire !). J'assiste à ce renouveau, en arborant une expression mi-pensive, mi-sévère, qui convient bien à ma petite figure grise... Même si je suis secrètement contente, je ne vais pas le montrer, hein ! Puisqu'ils ont l'idée biscornue de me traîner chaque week-end jusqu'ici, autant que mes humains s'inquiètent un peu en me voyant cet air lointain.
Assise sur l'appui de la fenêtre de la salle à manger, je pose sur le jardin un oeil blasé, voire désenchanté... La Dame aux Camélias, c'est moi !




Mais que vois-je ?

Michèle est assise sur la terrasse et un chat noir et blanc, pas timide pour un sou, se dirige vers elle en ronronnant. Vers ma Michèle à moi ! Quel toupet !

Ouvrons une petite parenthèse. Je suis un peu jalouse. Pas comme Sa Seigneurie Caramel, mais quand même un peu. Un soupçon... D'ailleurs, c'est toujours par un soupçon que commence la jalousie, n'est-ce pas ?

Il y a quelques semaines, j'avais bien senti, en humant une odeur étrangère, qu'un autre chat avait tourné autour de ma mère d'adoption... Je n'ai rien dit, j'ai simplement pensé: « Tiens tiens... » et j'ai manifesté envers ma famille une certaine froideur...

Et maintenant, le voilà, ce chat, là, devant moi ! De l'autre côté de la fenêtre !

Le nouveau venu fait des manières. Il ronronne, effectue des huit autour des chevilles de mon humaine subjuguée, il lui jure que ce n'est pas pour recevoir de la nourriture qu'il vient, non, non, c'est par amour pour elle... Un amour éternel.

Visiblement, elle le croit.

Et vous, vous y croyez ?

J'abandonne mes attitudes romantiques et ricane. Intérieurement.

Michèle rentre dans la maison, farfouille dans le frigo, pose divers ingrédients sur la table de la cuisine… Bien sûr, je saute sur la table pour contrôler les opérations.

Elle ouvre une boîte de nourriture pour chats, en emplit une assiette.

Je renifle. En temps ordinaire, je détournerais dédaigneusement la tête : « Fi ! Une boîte bon marché ! »

Aujourd'hui, j'ai une position à défendre. À la grande surprise de Michèle, je lèche les boulettes de viande.

Vous comprenez, vous autres ? C'est pour établir ma suprématie ! Le chat dominant est celui qui mange le premier, cela, je le sais depuis mon séjour au refuge "Veeweyde" !

Michèle verse du lait dans une soucoupe. Surmontant mon dégoût habituel pour cette substance, j'avale à petites gorgées délicates une partie de l'infâme breuvage.

— Et maintenant, Ardoise, puis-je aller donner à manger au chat noir et blanc ?

— Je te le permets ! dis-je, magnanime.

Pendant qu'elle s'exécute, je retourne sur mon appui de fenêtre pour dominer la situation.

Michèle dépose l'assiette sur le sol de la terrasse. Le chat noir et blanc fait mine de ne pas voir la pitance, il prend des airs éthérés, décoche à ma mère adoptive des oeillades énamourées... Ce n'est qu'après bien des salamalecs qu'il consent enfin à se sustenter.

Coup de foudre réel ou comédie ? Je réserve mon jugement.

Après avoir vidé la gamelle jusqu'à la dernière bouchée, le matou lève les yeux vers la fenêtre... et m'aperçoit ! Il en reste figé de stupeur, l'espace d'une seconde puis, histoire de mieux m'admirer, il saute à son tour sur l'appui de fenêtre, à l'extérieur, et colle son museau contre la vitre. J'en fais autant de mon côté, bien sûr.

— Ardoise ! Viens faire connaissance, viens ! Regarde comme il est gentil et bien élevé !

Alors là, je ne suis pas d'accord, parce que je sais très bien ce qui va se passer ! Et, bien entendu, ça ne rate pas : elle vient vers moi avec mon collier et ma corde !



Parce que, vous savez, il paraît que je ne peux pas sortir au jardin sans ma corde ! Paraît que je suis une fugueuse ! Paraît que j'entre chez les voisins sans leur demander la permission !

Je regimbe : « Pas la corde ! De quoi je vais avoir l'air, moi, avec ce collier et cette corde ? Tout mon prestige va se retrouver par terre ! »

— Pas question que tu sortes sans ta corde, je te connais trop bien !

Tant pis ! Le cou orné d'un beau collier de velours bleu turquoise, je sors de mauvaise grâce, la queue aplatie, les pattes fléchies.

Le chat noir et blanc ne fait montre d'aucune défiance. Après m'avoir dévisagée avec curiosité (C’est quoi, cette drôle de bête toute grise ?), il s'approche et nous nous tâtons mutuellement le museau. (Tiens, c'est un chat, je n'aurais pas cru...).

Il faut avouer que malgré un visage patibulaire que lui confère un bon gros nez de boxeur, il a l'air assez accommodant. Je tiens toutefois à mettre les points sur les i dès notre première rencontre :

— Chat noir et blanc, c'est moi Ardoise, la chatte de cette maison ! Je vous avertis : j'accepte de vous voir batifoler sur la terrasse ou dans le jardin, mais la maison, c'est mon domaine, compris ?

— Mais je n'ai jamais dit le contraire, douce et belle Ardoise ! proteste-t-il vertueusement, la patte sur le cœur.

Ayant ainsi parlé, il se détourne avec nonchalance et va faire un petit tour dans ce jardin que je viens de lui laisser... Je constate qu'à chaque tronc d'arbre, il lève la queue bien droite pour faire jaillir quelques gouttes odorantes qui marqueront son territoire... Est-ce un pied-de-nez à mon égard ?

J'affecte la plus profonde indifférence.

Mais quelles manières, grand Dieu, quelles manières !


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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 26 Nov - 14:59:36

Plus tard, dans l'après-midi, nous nous sommes revus plusieurs fois, moi faisant des mines à la fenêtre et lui rôdant à proximité de la terrasse. Je ne dis pas que c'est le grand amour, mais nous ne manifestons aucune hostilité l'un vis-à-vis de l'autre. S'il fallait me pousser à exprimer clairement ma pensée, je dirais que je ne suis pas mécontente, au bout de trois années passées exclusivement en compagnie de mes humains, d'avoir pu enfin rencontrer un congénère. Vous n'imaginez pas, les amis, comme ça peut être fatigant parfois de se retrouver, seule de sa race, au milieu d'êtres fondamentalement différents de soi... même s'ils sont bien intentionnés ! C'est rafraîchissant de pouvoir, de temps à autre, parler son propre langage avec quelqu'un qui le comprend et vous répond sans accent ! Si vous saviez toutes les significations que peuvent revêtir les sons : "Miaou ! Rrrrou ! Rrrrou ! Mééééou !" Aucun humain ne pourra jamais saisir la subtilité de mon langage... Mais font-ils de réels efforts, mes humains ? C'est là que le bât blesse... Moi, j'étudie, je comprends presque tout ce qu'ils disent, mais eux... n'en parlons pas ! Enfin..



Revenons à nos moutons... ou plutôt à notre chat noir et blanc.



Quelques jours plus tard, il faisait beau. Michèle était assise dans son fauteuil de jardin, à savourer les rayons du soleil, et moi j'étais étalée dessous, pour me préserver du même soleil. Il va sans dire que j'étais à nouveau coquettement revêtue de mon collier de velours bleu et de ma corde... rose, vous imaginez ! Ça fait un peu layette je trouve… Pourvu que je ne sois pas trop ridicule !

Quand vous avez une longue, longue corde autour du cou, certains petits jeux sont possibles : ainsi, vous pouvez tourner interminablement autour d'un fauteuil, en faisant de très jolis nœuds, très artistiques. Quand vous vous retrouvez ficelée comme un saucisson, vous gémissez lamentablement... et contemplez, satisfaite, vos humains s'escrimer à défaire votre ouvrage. Puis, à peine êtes-vous libre que vous pouvez recommencer...

Ça les fait enrager, c'est euphorisant ! Et puis, ça leur apprendra à m'attacher de manière à ce que je ne puisse pas franchir la haie du jardin ! Moi qui aime tant me faufiler chez le voisin !

Donc, j'étais occupée à virer, à tourner... Je chantonnais même, d'une petite voix mélodieuse :

Sous ta chaise, Michèle,
Tourne, ron-ron !
Si la corde s’emmêle,
C’est bon, c’est bon !
Peaufinons la technique,
Tournicotons !
Ah quelle gymnastique,
J’en suis coton !
Sous ta chaise, Michèle
Tourne, ron-ron !
Je suis ton chat fidèle
Et polisson !



— Comme c’est mignon, ces petits miaous, Ardoise !

Je fredonne une chanson de ma composition, et elle appelle ça des "petits miaous" ! Ecœurée, je ne réponds pas et tourne de plus belle. Elle va avoir du mal à défaire ces nœuds-là, hé hé !

J'en souris dans mes moustaches.

— Oh, Ardoise, regarde qui arrive ! Ton copain le chat noir et blanc !

Quoi !

Mon sang (lui aussi) ne fait qu'un tour : en une seconde, je refais en sens inverse mon patient chemin et débouche à l'air libre, hagarde, la queue fouettant l’air avec rage.

Et puis, subitement, je réalise qu'à cause de ce raseur de chat, j'ai fait une fameuse bêtise : j'ai démontré que j'étais capable de défaire mes nœuds moi-même !

Et Michèle, habituellement si distraite, l'a vu ! Enfer et damnation !

— Bonjour, douce Ardoise !

— 'jour !

— On est hargneuse, aujourd'hui ?

Je ne daigne pas répondre. Je suis de mauvaise humeur, ça se voit, non ?

Et l'intrus, là, avec son éternel sourire !

Il s'approche innocemment. Je lève une patte et... vlan ! Une gifle, sans rentrer mes griffes. Vous n'imaginez pas le bien que ça fait ! À moi, bien sûr, pas à lui…

Il recule prudemment.

— Votre charme est piquant, chère Ardoise !

Je me redresse et lui rétorque avec emphase :


Oncques ne cherche noyse

À la vaillante chatte Ardoyse !



]— ?????????????

— C'est la fière devise de ma noble famille, dis-je.

Il en a le souffle coupé.

— De mère en fille, Ardoise de Gouttière, avec un petit de, précisé-je.

Le regard de l'abruti s'éclaire : « De Gouttière ! Moi aussi, je suis un de Gouttière ! » s'écrie-t-il.

— Certainement pas de la même branche ! rétorqué-je dédaigneusement.

— Mais peut-être bien du même arbre !

Je déteste les chats qui font de l'esprit !



Parce que, évidemment, pour tout vous dire, la "fière devise de ma noble famille" n'est pas de moi. J'ai demandé à l'esprit de la chatte Caramel de m'aider en cette circonstance. Cela ne lui a pris qu'un instant de réflexion.

— Oh que c'est beau ! Oh que ça fait de l'effet ! me suis-je extasiée avec gratitude. Mais pourquoi on ne pourrait pas dire plutôt :

Oncques ne cherche noyse
À la terryble chatte Ardoyse ?



Ça me ferait un y de plus, j'aime bien les y !!!

Elle a tellement ri qu'elle a failli s'étrangler, malgré son absence de corps terrestre.

— Point trop n'en faut, petite chose ! Si je te qualifie de terrible, avec ou sans y, le monde s'en tiendrait les côtes jusqu'à la consommation des temps !

Elle exagère ! Je peux avoir l'air terryble si je veux !

— En tout cas, le chat noir et blanc va en être baba ! La dernière fois que je l'ai vu, j'ai craché pour l'intimider, mais il n'a pas été impressionné ! Et Michèle et Daniel non plus ! Comment est-ce possible ?

— Montre comment tu as fait.

J'ouvre grand la bouche, montre mes dents aiguës, roule des yeux : " Kssssst ! Frrrrrt !"

— Voilà, c'est bien ce que je pensais : tu n'es absolument pas crédible !

— Hein ?

— Tu as oublié de gonfler ta queue ! Un chat vraiment en colère gonfle la queue. En plus, c'est excellent pour les poils, ça les aère.

— Mais j'ai déjà une belle queue bien touffue ! Et puis, je ne sais pas comment on fait pour...

— Regarde !

Horreur ! En un instant, je me trouve face à un monstre : des yeux de braise, une échine de dragon, une queue trois fois plus grosse qu'à l'ordinaire !...

— Kaï ! Kaï ! J'ai peur !

— Tu vois, dit-elle en reprenant instantanément son aspect normal de chatte distinguée, c'est comme ça qu'on fait ! Mais tu n'es vraiment pas douée pour l'intimidation, il faut bien l'avouer !

— Tant pis, je me contenterai alors de la fière devise de ma noble famille... Vous avez une devise, vous, Vot'Seigneurie ?

— Bien sûr ! Avec un blason oeil d'azur et extrémités couleur vison sur fond de sable !



Noble Fleuron de la Gent Féline,
Chat Royal et Sûr de Son Droit,
En Tous les Temps Digne de Foi,
Gloire et Honneur au Siamois !


— Mazette, c'est-y possible !

Elle ne se prend pas pour rien, Sa Seigneurie !


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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 26 Nov - 23:14:08

Merci Scouby pour cette suite,

J'ai hâte de savoir quand ils sont devenus amis Ardoise et le chat noir et blanc.

C'est vraiment un plaisir de lire tes histoires

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 8 Déc - 13:06:26

Et encore un petit bout, pour celles qui aiment...


Revenons une nouvelle fois à nos moutons... ou plutôt à notre chat noir et blanc. Orca de son prénom.

Parce qu'il a même un prénom, maintenant ! Quel toupet, vous ne trouvez pas ?

Il se conduit exactement comme si nous avions gardé les souris ensemble, ce qui n'est pas du tout, mais alors pas du tout le cas !

Et voici qu'il s'approche de Michèle qui lui fait fête ! Et voilà que Daniel lui grattouille le cou !

Quel sans-gêne ! Je suis offusquée.

Je m'assieds précautionneusement sur l'herbe verte et regarde d'un autre côté. Les faits et gestes de cette créature ne m'intéressent absolument pas ! Je regrette bien de lui avoir gentiment reniflé le nez le jour où nous avons fait connaissance : il a dû se faire des idées erronées sur la suite de nos relations.

Alors, voilà le tableau. Jugez s’il est expressif.

À gauche : moi, paresseusement étendue sur l'herbe, bayant aux corneilles et contemplant le ciel d'un oeil (faussement) absent.

À droite : lui, assis sur son derrière, occupé à se lécher avec méthode, l'air très absorbé.

Au centre : Michèle et Daniel dans leurs fauteuils de jardin, nous considérant tous deux, dans l'attente de la suite des événements.

— Ce n'est pas vraiment Roméo et Juliette...

— Non, c'est plutôt Charles et lady Di !

L'Orca (puisque Orca il y a) se lève et se dirige à nouveau vers moi, tout sucre tout miel.

Il s'est lavé avec un soin méticuleux et regrette visiblement de n'avoir pu s'asperger d'eau de toilette. Son pelage brille comme un miroir.

— Noble Ardoise...

Je m'arrache à mes songes et pose un oeil glacé sur ce misérable insecte qui ose m'adresser la parole.

— Me trouvez-vous tellement antipathique ? poursuit-il.

— Z'êtes pas mon idéal masculin.

— Oh ! Toutes les chattes du coin trouvent que je ressemble à Depardieu !

Je le dévisage : ce gros nez ! Ces petits yeux ! Bon, c'est vrai qu'il a quelque chose de Gérard...

Mais cette fourrure où le blanc et le noir alternent de si étrange façon ! Je ne m'y ferai jamais !

— Pourquoi ne me permettez-vous pas de faire un petit tour à l'intérieur de votre maison? Juste pour regarder ?

— Pas question !

Il soupire. Il pense toutefois que je ne suis pas là tous les week-ends et que les humains sont quand même plus faciles à manipuler...

En quoi il n'a pas tort.



Cette semaine, Daniel a pris congé et est venu tout seul dans notre maison de campagne. Orca s'est attaché à ses pas et l'a couvert de regards extasiés.

Sensible à cette admiration, Daniel lui a offert, au premier jour de leur cohabitation, des friandises Croc'Menu Félix, prises sur ma propre réserve, bien sûr.

— Oh, voilà qui est bien meilleur que les boîtes de M'dame Michèle ! a estimé Orca, en connaisseur.

Le second jour, Daniel lui a offert de la pâtée Friskies.

— J'n'ai jamais rien mangé de si bon ! a ronronné joyeusement l'Orca.

Le troisième jour, Daniel l'a brossé et lui a enlevé des tiques qui infestaient sa fourrure.

Le quatrième jour, Orca se prélassait dans un fauteuil à côté de Daniel et faisait une timide incursion dans la maison. Il est même entré dans la cuisine pour regarder comment mon père d’adoption préparait sa nourriture.



Le lendemain, Michèle est arrivée par le train. Moi, j'étais restée à l'appartement avec Olivier.

Daniel a bien dû la mettre au courant de l'évolution de la situation :

— Tu sais, heu... Orca n'aime plus les boîtes bon marché ni les croquettes que tu lui as achetées... Il préfère les Friskies et les Croc'Menu ! Et le saumon fumé ! et...

— Bon, ça va, j'ai compris !



À présent, quand je ne suis pas là, Orca se conduit comme le chat de la famille. Michèle lui a préparé un petit lit douillet avec un de ses vieux pulls, dans une caisse en bois déposée à l'abri de la pluie et du vent. Pour faire plaisir, le chat noir et blanc va y dormir, à l'occasion. Le reste du temps, en vrai vagabond qu'il est, il vadrouille dans le village.



Le week-end prochain, je serai obligée d'accompagner mes parents à la campagne, car Olivier ne peut pas me garder, ayant d’autres obligations. Je ne suis pas encore au courant des nouvelles habitudes de l'Orca...

Voilà, le week-end est arrivé et j’ai pris la route avec, il faut bien l’avouer, l’arrière-pensée de snober à nouveau ce chat noir et blanc qui s’imagine que ma famille lui appartient ! Je fais une fixation sur cet individu en ce moment, j’en rêve la nuit, c’est plus possible !



À peine sommes-nous arrivés, que Daniel ouvre la porte donnant sur le jardin. Devinez qui apparaît, aussitôt, tout guilleret ? À votre avis ?

— Miâââââââ ! Enfin vous voilà ! J’ai attendu toute la semaine, moi, j’ai faim !

Il ne semble pourtant pas amaigri… Il doit avoir de bonnes adresses, l’Orca !

— Bonjour, adorable Ardoise ! Z’êtes encore plus jolie que le week-end passé !

Il est tellement charmeur que je n’ai pu faire autrement que le saluer à la manière "chat" : mon petit nez à moi contre son gros pif à lui.

Puis, me rappelant mes précédentes résolutions, j’ai adopté une attitude distante tandis qu’il s’empiffrait joyeusement de croquettes et d’une boîte de Félix. Mon Félix à moi !

— Tiens, Orca est plus propre qu’Ardoise, a remarqué Daniel (qui n’en rate pas une). Lui, il mange ce qu’il a laissé tomber à côté de son assiette, Ardoise, elle, laisse tout par terre!

Je lui lance un regard meurtrier. Inutile de discuter avec ces humains, ils sont plus bêtes que mes quatre pattes !

Le repas terminé, je me juche élégamment sur un fauteuil de jardin pour faire ma sieste et Orca, toujours souriant et pacifique, se couche au pied dudit fauteuil.

Ah, au moins, ma suprématie est reconnue ! Je me dégèle insensiblement.

— Divine Ardoise…

— Keskya ?

— Moi aussi, je me suis trouvé un slogan !

— Un quoi ?

— Un slogan ! Comme vous, avec tous ces mots ronflants qui se terminent par oyse !

Tout ce qu’il faut entendre ! L’orgueilleuse devise de ma noble famille, un slogan !

— Dites toujours…

Je m’attends au pire.

Orca, Maître-Chat ! clame-t-il fièrement.

— Yaksa ?

— Ben quoi, ça vous suffit pas ? C’est percutant, ça sonne : Orca, Maître-Chat ! sans oublier le point d’exclamation ! Ça veut tout dire, n’est-ce pas ?

— Bof !

Si tout le monde se met à avoir une devise, maintenant ! Ça devient d’un commun, vous ne trouvez pas ?

Il s’étire.

— Je vais me promener une heure ou deux. Si je ne vous vois plus ce soir, je vous souhaite une bonne nuit, divine Ardoise !

Mais où a-t-il appris à s’exprimer comme ça ? Pour un vagabond, il a assez belle allure, je dois bien l’avouer : propre, le poil bien brillant…

Et il va et vient librement ! Je me renfrogne : pourquoi dois-je subir ce collier bleu et cette corde rose, et pas lui ?

Je lui pose (un peu aigrement) la question.

— Il y a ainsi, dans l’existence, certains mystères insondables, dit-il avec philosophie. Ainsi, moi-même, je me demande souvent pourquoi vous avez le droit d’entrer dans cette maison et moi, non ?

Sur cette réflexion destinée à planter un germe de culpabilité dans ma petite âme si pure, il se détourne et s’éloigne d’un pas serein.

— Tiens, Orca ne passe pas la soirée avec Ardoise, aujourd’hui ? s’étonne Michèle.

— Il la trouve peut-être moche, avance Daniel.

Quand je vous disais qu’il n’en rate pas une ! Le goujat !

Michèle vole à mon secours.

— Il serait bien difficile, dit-elle. Une si ravissante petite chatte, avec une tête bien ronde, de beaux grands yeux verts bien fendus, de si belles moustaches tombantes et une superbe fourrure à triple épaisseur !

À cette énumération de mes charmes, je me rassure. C’est quand même vrai que je suis magnifique… et ma fourrure ! De première qualité, la fourrure, je vous le garantis ! Peut-être un peu rêche au toucher, mais bien épaisse et inusable.

Elle a raison, Michèle ! Même si on dirait qu’elle réprime un petit sourire…

Quant à Daniel, je ne lui parle plus ! Je ne le regarde même plus. Pendant au moins cinq minutes. Ça lui apprendra ! Je me détourne d’un mouvement plein de fierté et contemple l’horizon.

— Ben quoi, Ardoise boude ? demande-t-il, étonné.

— Forcément, tu as dit qu’elle était moche ! Tu oublies qu’elle comprend tout ?

Il en reste comme deux ronds de flan. Il ne s’était pas encore rendu compte qu’effectivement, je comprends tout !



Le lendemain matin, samedi, Orca est là, bien sûr, à la première heure pour prendre son petit déjeuner ! Nous avons passé une journée détendue, comme je les aime. Moi, j’ai dormi, lui s’est baladé à gauche et à droite.



Une malheureuse jeune pie, encore toute petite, gisait morte sous le grand sapin.

Orca flânait dans le jardin quand il est tombé en arrêt devant le volatile inanimé.

— Tiens ! Mon repas !

Il s’en est emparé aussitôt et commençait à plumer l’animal d’une patte experte, lorsque Michèle l’a aperçu.

— Oooooh ! Quelle horreur ! Je ne peux pas voir ça !

Daniel a pris la pie des pattes de l’Orca tout ahuri, et est allé la cacher sous un amas d’herbe coupée, en attendant de s’en débarrasser définitivement.

— Et mon repas ?

Tout décontenancé, Orca est revenu dix fois à l’endroit où il avait trouvé la pie, s’attendant toujours à la voir reparaître comme par magie. Peine perdue !

Il n’en revenait pas : « Vous en avez de bonnes, vous ! Me voler mon repas ! »

C’était à mon tour de me montrer philosophe :

— Que voulez-vous, mon cher Orca, tout maître-chat que vous soyez, vous ne comprendrez jamais les humains ! Leurs réactions sont imprévisibles !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 8 Déc - 13:49:21

Merci pour cette suite Scouby, quand je lis tes récits j'ai vraiment l'impression de me promener dans ton jardin et que je vois la scène se dérouler sous mes yeux.

Une fois de plus j'ai adoré lire cette suite


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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 8 Déc - 14:18:06

Cela me fait plaisir, Luna !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Dim 13 Déc - 14:56:32

Et un petit chapitre de circonstance !


La soirée s’annonce calme, Michèle et moi sommes seules. Pas de Daniel ni d’Olivier en vue. Je parie que nous allons toutes les deux nous offrir un petit plateau-repas et regarder la télé sur les genoux l’une de l’autre…

Mais qu’est-ce qu’elle fait, Michèle ?

Elle arrive dans la salle à manger avec un grand carton, elle dégage un coin du buffet.

— Ardoise, comme nous sommes toutes seules ce soir, nous allons en profiter : on va dresser le sapin de Noël !

— C’est quoi ça, un sapin de Nowèle ?

— Tu sais bien, comme on fait tous les ans !

— Tous les ans pour toi, c’est à peu près tous les sept ans pour moi, comment veux-tu que je me souvienne ? Montre ce que c’est, un sapin de Nowèle !

— Bon, moi je travaille et toi, Ardoise, tu t’installes sur ce petit coin de table, là. Assieds-toi sur ton derrière et reste bien sage !

— Mais je veux aider !

— C’est en restant bien tranquille et en admirant silencieusement ce que je fais, que tu vas le mieux m’aider !

Bon, ne la contrarions pas. Je m’assieds sur le petit coin de table, le bout de ma queue calé entre mes pattes antérieures, la tête et le dos bien droits, et je regarde, prête à admirer de confiance tout ce qu’on voudra !

D’un grand sac-poubelle, elle tire une tige de plastique et un trépied. Puis elle déploie les "branches" de la tige de plastique.

J’écarquille les yeux. Un arbre, ça ? Un sapin ? Je connais des sapins, nous en avons dans le jardin à la campagne, mais ça n’y ressemble pas ! Ce machin-ci est tout petit, tout malingre, tout rabougri !

— Ce sera plus joli quand ce sera garni, dit Michèle sans conviction.

Chaque fois qu’elle contemple son sapin après onze mois d’oubli, elle ressent un choc : c’est vrai qu’il est tout à fait misérable !

— Nous sommes du même avis, je pense, dis-je sans trop insister.

Mine de rien, j’ai aussi du tact parfois, comme l’Orca Maître-Chat !

D’un autre sac, Michèle tire des boules multicolores, des petits objets en bois, des angelots en tissu… tout cela incassable, bien sûr, à l’épreuve des pattes félines de qui vous savez… Prodigieusement intéressée, j’avance la tête d’un centimètre.

Elle accroche ces jouets aux branches du "sapin". Puis vient un moment passionnant : elle déploie de longues guirlandes brillantes, bleues, blanches, dorées…

Cette fois, mes bonnes résolutions s’enfuient à tire d’aile. Prestement, je m’approche et d’un coup de patte, mets les guirlandes en mouvement. Ça scintille, c’est beau !

— Ardoise ! Je t’ai dit de rester assise sans bouger !

Mais à qui croit-elle parler ? À un chien ? Je ne suis pas un chien, mais un chat fier et indépendant, comme le dit si bien Sa Seigneurie ! Je continue mon petit jeu.

En désespoir de cause, Michèle trouve le moyen de m’éloigner en me faisant cadeau d’un morceau de guirlande. Tandis qu’elle poursuit tranquillement son travail de décoration, je joue par terre, parsemant le tapis de petits bouts de papier rutilant.

Peu après, ayant épuisé les charmes de ce nouvel amusement, je viens voir où elle en est.

Oh ! Elle a déposé des petits personnages au pied du "sapin" et elle est en train de coucher une minuscule poupée dans une sorte de petit nid de paille ! Je tâte la poupée du museau.

— On ne mange pas le petit Jésus ! Pas touche à la crèche !

On le saura, hein ! Je ne peux pas toucher à l’arbre de Nowèle, ni à la crèche, ni aux cadeaux… Les cadeaux, c’est ça le plus dur, parce qu’ils sont tous surmontés d’un ruban doré qui tirebouchonne… et moi j’adore les rubans des emballages-cadeau !

Michèle les dispose artistiquement, en dissimulant de son mieux les objets de mon désir. Croit-elle me leurrer ? Je vais attendre qu’elle soit partie et ensuite… Peut-être même cette nuit, tiens !

Avec un air de fausse sagesse, je vais m’installer dans mon fauteuil préféré, près de la fenêtre, et je regarde au-dehors d’un air blasé.

Quoi ? Que vois-je ? Un merle sur mon balcon ?

Ma queue se met à fouetter l’air avec vigueur, mes dents claquent de convoitise. Je me rue hors de mon fauteuil et soulève le rideau avec ma tête. Je suis hirsute et survoltée.

Le merle, bien à l’abri derrière la cloison de verre, me regarde d’un œil moqueur et lance quelques trilles. Puis il s’en va.

Frustrée, je regagne mon siège, la queue basse.

Ensuite, j’ai complètement oublié d’aller farfouiller dans les cadeaux !

Ce que je fais tout de même, de temps en temps, quand mes humains ne sont pas là, c’est aller jusqu’au sapin et déranger une guirlande dont la disposition ne me plaît pas. Mais apparemment, mes goûts en matière de décoration sont bien méprisés dans cette maison ! Immanquablement, je retrouve la guirlande comme elle était.

Bientôt, dans quelques semaines, Michèle va remiser l’arbre de Nowèle dans son sac-poubelle et le remettre au placard pour sept longues années félines. Pour ce faire, elle devra bien entendu en ôter toutes les guirlandes… et qui sera là, à l’affût ? Devinez !



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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 15 Déc - 11:14:01

C'est tout à fait ça Scouby santa

Dimanche Luna était infernale , mais maintenant que le sapin est terminé elle ne s'en occupe plus mais quand je vais mettre les paquets cadeaux là ça va être autre chose .

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 15 Déc - 21:38:59

j ai renonce au sapin cette annee ayant un chaton de six mois qui je le sais ne va avoir de cesse que de jouer avec guirlande et boules on verra l annee prochaine
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Ven 25 Déc - 15:35:47

Encore un petit extrait de circonstance :



Au réveillon de Noël, j’ai reçu des crevettes. C’était fameusement bon, j’en redemandais, vous pensez bien ! Puis j’ai mangé du steak. J’ai beau me plaindre de temps en temps, je ne suis pas si mal dans cette maison où le chat fidèle reçoit sa part du réveillon !

Il n’a pas dû se régaler comme moi, le pauvre Orca Maître-Chat, dans la nuit du 24 décembre, au fond de son bled perdu… Mais il se rattrapera au Nouvel An !



Évidemment, l’esprit de la chatte Caramel (Sa Seigneurie) s’est à nouveau montré à moi en cette nuit spéciale. Et elle n’a pas manqué de le critiquer, notre sapin !

— Qu’est-ce que c’est que ça ?

Je chuchote, intimidée comme toujours.

— C’est un arbre de Nowèle, Vot’Seigneurie !

Elle se déplace jusqu’au sapin, le contemple, le renifle…

— Ça ne sent rien… Ah, les choses ont bien changé depuis mon jeune temps !

Elle prend son envol et atterrit délicatement, comme une bulle, à côté de moi. Pendant ce temps, ma famille réveillonne sans soupçonner le moins du monde que j’ai de la visite. On me croit endormie… Ils sont vraiment obtus, ces humains ! C’est bien plus gratifiant d’être un chat !

— C’était comment, dans votre jeune temps, Vot’Seigneurie ?

— Ah, petite chose, c’était bien mieux que maintenant !

Ça, je l’aurais parié ! Elle poursuit.

— Le Noël de ma jeunesse… Je veux dire, le premier Noël que j’ai passé ici, quelle fête ! Pour moi, du moins.

— Comment cela ?

Elle jette un regard désapprobateur sur "mon" arbre de Nowèle.

— Ils n’ont même pas mis les boules dorées et rouges, toutes brillantes, dans lesquelles j’admirais mon reflet !

— Non, mais y z’ont mis des petits objets en bois !

— En bois ! (elle lève les yeux au ciel). Comment peux-tu t’amuser avec des objets en bois ?

— Mais c’est pas pour moi, je peux toucher à rien, seulement admirer de loin, qu’elle a dit Michèle !

— Et toi, tu obéis comme un toutou ? Et mes leçons, qu’est-ce que tu en fais ?

— Hum, je…

— Enfonce-toi dans la tête que tu es un chat ! Un chat fier et libre qui fait tout ce qu’il lui plaît ! La gloire du monde animal ! Pas de compromis, avec un chat : c’est lui le maître !

Elle est tellement convaincante que je finirais par la croire. Je lève la tête, allonge les pattes, prends un air d’extrême dignité. Elle me regarde faire, un tantinet découragée. Apparemment, je ne suis pas très crédible… Parlons d’autre chose.

Dites quand même comment c’était de votre temps, un arbre de Nowèle, Vot’Seigneurie !

— C’était plus grand que ça ! Plus touffu. Garni d’une multitude de boules que j’aimais agiter de la patte et voir s’écraser sur le sol avec un joli petit bruit cristallin. Un arbre de Noël, dans ma jeunesse, c’était fascinant ! Hélas, il y a bien longtemps de cela… J’étais toute petite encore. Après une année de séjour ici, je n’ai plus reçu d’arbre de Noël !

— Pourquoi ça ?

— Demande-leur, pourquoi ! Comment veux-tu que je le sache ? Comme par hasard, les années suivantes, ils déménageaient mon panier et ma gamelle dans une chambre et fermaient la porte qui donne sur la salle à manger ! J’étais confinée dans trois pièces durant plusieurs jours… Inutile de te décrire mon humeur ! Le soir, je pouvais sortir, sous étroite surveillance… et ne crois pas que j’avais les yeux dans la poche : j’ai bien vu qu’ils avaient dressé pour eux un arbre de Noël ! Ils voulaient en profiter tous seuls, les égoïstes !

Je compatis, tout en me doutant bien des raisons de cette mise à l’écart toute relative. La pauvre Caramel, avec sa mentalité de princesse chatte, ne pouvait imaginer une seconde que tout élément nouveau survenu dans la maison ne fût pas destiné uniquement à son propre amusement ! Et je suppose que mes parents d’adoption n’avaient pas tellement apprécié, en ce premier Noël passé avec elle, d’entendre continuellement le bruit cristallin des boules rouges et dorées s’écrasant sur le sol…

— Vous aviez peut-être des compensations ? dis-je d’une voix encourageante.

— Il n’aurait plus manqué que ça ! s’exclame-t-elle. Bien sûr, chaque soir, j’avais droit aux plus douces caresses, aux meilleurs morceaux de viande, à des petits carrés de chocolat bien crémeux…

Je frissonne d’horreur : du chocolat ! Et crémeux, en plus ! Pouah !

Perdue dans ses rêves gourmands, Sa Seigneurie s’amadoue sensiblement.

— Enfin, c’est pas tout ça, dit-elle. J’étais venue te souhaiter un joyeux Noël , petite chose, ainsi qu’à ma famille !

Et frrrrrrt ! Elle s’envole, comme la dernière fois. Moi, je m’endors.

Je suis encore trop petite pour rester éveillée jusqu’à minuit !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Ven 25 Déc - 23:02:49

Merci Scouby pour ce conte de Noël tout à fait charmant

Joyeux Noël et caresses aux boules de poils

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Sam 26 Déc - 18:57:56

nous aimerions tellement que ce conte soit une realite pour les pauvres chats sdf qui eux n ont personnes pour les nourrir mais c est bon de rever un moment
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Dim 3 Jan - 17:34:51

bonsoir Scouby !
Luna m'a conseillé d'aller lire les aventures d'Ardoise que tu as écrites, c'est magnifique, superbe écriture, on se croirait vraiment dans les lieux où ça se passe !
Tes textes ont de grandes chances d'être acceptés, où ça en est ?
Merci pour ce magnifique parcours d'Ardoise, d'Orca sans oublier Caramel !
A plus tard sur le forum !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mer 13 Jan - 23:16:45

Scouby pas de nouvelle histoire depuis Noël , on est en manque

Si tu as quelques nouveaux textes , ne nous oublie pas , tu sais qu'on adore tes histoires

Merci

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Dim 17 Jan - 12:15:59

Je n'avais pas vu ces derniers messages, excusez-moi !
Je vais m'y mettre !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Dim 17 Jan - 12:22:31

— Charmante Ardoise…

— Kwâââââ ?

— Est-ce que, moi aussi, je peux écrire quelques mots dans le volume de vos Mémoires ? Histoire qu’on sache qui je suis, quoi ?

— Hein ???? Ça va pas, la tête ? Z’êtes rien !

In petto : Zut ! Elle est très fâchée ! Mais qu’est-ce qu’elle est rigolote quand sa queue fouette l’air comme ça !

— Et puis, faut pas oublier, hein : Oncques ne cherche noyse…

À la marrante chatte Ardoyse, je sais !

Vaillante, vaillante, vaillante !!!

— Plaît-il ?

Vaillante chatte Ardoyse ! Z’avez dit : marrante !

— Oups, quel lapsus ! C’est ma pensée profonde qui inconsciemment est venue à la surface… Je vous prie de m’en excuser ! Mille fois pardon, vaillante Ardoise !

— Ah, comme ça, alors ça va !



Miââââââââ, tout le monde !

Je me présente : Orca, Maître-Chat !

Si vous lisez ce livre, je suppose que vous aimez beaucoup les animaux, surtout les poilus à quatre pattes comme moi ou la marr… ravissante chatte Ardoise.

Je suppose que, de temps en temps, elle vous dit pis que pendre de ma petite personne, non ?

Il ne faut pas croire tout ce qu’elle raconte. Parfois, c’est vrai, il m’est arrivé d’être un peu maladroit vis-à-vis d’elle…

Que voulez-vous ? Je suis de la campagne, je prends la vie comme elle vient et certaines susceptibilités me sont étrangères ! Ainsi, l’autre jour, je me suis rendu compte qu’elle détestait ma manière de lever la queue sur les briques de la demeure qu’elle considère comme sienne.

Depuis lors, je suis prudent : je le fais quand elle a le dos tourné… Mais je crains fort qu’elle ne soupçonne quelque chose : elle se met à froncer le nez d’une manière dégoûtée, je ne comprends pas pourquoi.

Tact et diplomatie, telle est ma règle de vie. Quand il m’a fallu quitter le giron maternel, ma brave chatte de mère m’a dit en me léchant le museau : « Chaton noir et blanc, tu es un vagabond et tu le resteras sans doute. Pour survivre, use de tact et de diplomatie, et tu recevras toujours à manger ! »

J’ai obéi à ma mère et m’en suis trouvé bien. Elle connaissait la vie, ma Maman !

Il faut dire que j’ai une certaine distinction naturelle : je suis musclé, sans graisse superflue, j’ai un œil plus petit que l’autre, ce qui me confère un regard particulier et un charme inimitable. Tout le monde dit que je ressemble à Depardieu, de visage surtout… Le Depardieu de la meilleure époque, bien sûr.



Il y a quelque temps, déambulant dans le village, j’ai aperçu une dame qui déposait devant sa maison une gamelle bien remplie. Intéressé, je me suis approché, j’ai goûté la mixture et j’ai remercié la dame d’un ronron soutenu.

Ce premier jour, je ne me suis pas incrusté. Je me suis contenté de ce petit compliment et je suis parti. Point trop n’en faut.

J’ai étalé ma conquête sur plusieurs mois : aux mots ont succédé les caresses, puis ces gens que j’appelle ma famille de week-end m’ont donné un nom : Orca. C’est joli, n’est-ce pas ? Puis je suis monté sur les genoux pour me faire câliner. Puis je suis entré dans la maison. Maintenant je suis ici chez moi.

Le week-end dernier, j’ai passé la soirée du samedi sur le divan du salon, blotti contre M’dame Mimiche (oui, je l’appelle comme ça, c’est gentil je trouve), devant le feu ! Je deviens un gentlecat-farmer, vous voyez !



Je dois toutefois faire gaffe à la drôle de petite bête grise qui les accompagne parfois. La vaillante chatte Ardoise, comme elle dit elle-même. Quand elle est là, je marche sur des œufs… Elle est parano à un point impossible ! Il faut que je lui manifeste le plus profond des respects, alors « Comme ça, ça va ! » , comme elle dit toujours. Mine de rien, je préfère quand elle reste dans son appartement, en ville. Elle aussi, je crois. Elle est spéciale, mais pas du tout méchante, je dois bien le reconnaître. Nous entretenons des relations courtoises, après des débuts un peu difficiles…



Parfois, ma "famille de week-end" reçoit de la visite, alors je me montre encore plus aimable. Tout le monde raffole de mon charme, je l’avoue en toute modestie. On me photographie, on me filme… Depardieu, comme je disais !

Certaines personnes ont parfois des réactions bizarres, je vous en laisse juger : un monsieur et son épouse sont venus récemment passer un week-end chez nous. Ils semblaient bien aimables, mais chaque fois que je m’approchais d’un air engageant afin de lier conversation, le monsieur faisait :

« Atchoum ! Atchoum ! »

Etrange et incompréhensible.

Une autre fois, deux dames de la famille sont venues également. En écoutant attentivement la conversation, j’ai compris que la première s’appelait Madame "Maman" et l’autre, Madame "Bobonne". Ah bon ! Entre elles, elles s’appelaient encore différemment, ce que je ne peux comprendre malgré toute mon intelligence. Quand on a un nom, on le garde quand même ! Moi, c’est Orca, un point c’est tout !

Je me suis approché des deux dames et me suis présenté civilement : « Bonjour, Mesdames ! Orca, Maître-Chat ! »

— Oh, qu’elle est mignonne ! s’est écriée Madame Bobonne.

— Maître-Chat ! ai-je insisté : Chat !

M’dame Mimiche m’a servi à manger. J’avais une faim féroce et me suis aussitôt attaqué à la pâtée.

— Comme elle mange bien ! s’est extasiée Madame Bobonne.

— Chat, chat, chat ! Pas chatte, chat ! ai-je répété en avalant de travers.

— Elle ressemble à ma Scoubidou…

Une atroce angoisse prenait peu à peu possession de mon âme : est-ce que j’ai vraiment l’air de… ? Est-ce qu’on dit de Gérard : « Comme elle est mignonne ! » ? Non, n’est-ce pas ?

Alors, est-ce que je ressemble vraiment à Depardieu ou m’a-t-on trompé depuis tant d’années ? Est-ce que j’ai l’air d’une chochotte, pour appeler un chat un chat ?

M’dame Mimiche a eu pitié de moi.

— C‘est un garçon, Bobonne, a-t-elle dit.

— Ah ? C’est un garçon ?

— C’est même un fameux matou ! Un tombeur !

Alors là, j’étais content. J‘ai terminé ma pâtée, le cœur léger.

Après, je suis allé flairer les divers objets que les visiteuses avaient laissé traîner çà et là…

Un cri terrible m’a glacé le sang. C’est Mme Maman qui l’avait poussé :

— Hiiiiii ! Adèle ! Attention, il va faire pipi sur ton sac !

Mme Bobonne a aussitôt saisi son sac entre ses bras et l’a serré contre son cœur en me foudroyant du regard.

J’étais vexé : pipi, moi ! Je sais me tenir !

J’envisageais simplement de marquer de ma délicate empreinte et de mon subtil parfum cet objet en cuir qui me plaisait bien. C’est étrange, on dirait que cette manifestation d’intérêt déplaît…



Quand je déambule dans la maison, il me semble toujours qu’on me suit des yeux avec une certaine méfiance. J’ai bien fini par comprendre que certain geste (si naturel, mon Dieu, si naturel !) n’est pas de mise ici.

Empli de tact et de diplomatie, je me fais discret.
Il paraît que je fais de grands progrès !




À tous petits pas, je me suis introduit dans leur affection. Vous devriez entendre les cris de joie qui m’accueillent le vendredi, quand je passe ma tête sous la haie et leur dédie mon regard si " craquant", comme dit M’dame Mimiche !

Alors je vais vers eux, tout beau tout propre (je passe des heures à ma toilette, la dernière fois M’sieur Daniel m’a même dit que j’avais l’air de sortir du cat-wash !), je me fais câliner…

Et même si j’ai très faim, je fais passer les caresses avant la nourriture : « Tact et diplomatie », comme elle disait ma Maman !

Avec "Orca, Maître-Chat !" , c’est ma devise !

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 18 Jan - 10:45:01

Merci pour cette suite Scouby,

Bien sympathique aussi cet Orca Maître-Chat
J'aime toujours autant tes textes , ils sont si vivants

Bonne journée

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 18 Jan - 11:41:06

Merci Luna ! A partir de ce moment-là, le livre est écrit en alternance par Ardoise et Orca.
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 18 Jan - 11:53:47

Pour permettre aux lectrices de mieux visualiser les personnages, voici Ardoise et Orca à cette époque :
Ce sont des scans, on ne parlait pas encore d'appareils numériques, dommage.




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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 18 Jan - 12:16:05

Les photos sont tout de même très bien Scouby

Et ils sont très beaux tous les deux , et aussi bien différents , ce qui colle parfaitement à l'histoire.

Après le livre alors on en sort un film

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 18 Jan - 12:41:34

Un film... Il ne faut quand même pas trop rêver !
Ardoise pourrait jouer son propre rôle... Elle n'a plus de dents, la pauvre, et elle est très âgée, mais elle a gardé son petit caractère entier.
Orca, malheureusement, nous a quittés depuis plusieurs années, et cela me fait toujours autant de peine car c'était un chat très attachant, exactement tel qu'il est décrit dans les textes. J'ai passé des mois à les regarder vivre en interprétant leurs mimiques, on ne s'en lasse pas, de ces chats !
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Lun 18 Jan - 14:32:06

Alors c'est d'autant plus un bel hommage à Orca , qui a trouvé chez vous tout plein d'amour

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 19 Jan - 17:42:51

merci pour ces textes et images


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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 2 Mar - 16:17:56

Orca prend à nouveau la parole :

Je continue mon récit… sans le dire à la douce Ardoise, évidemment. Elle me ferait introduire une demande timbrée, en trente exemplaires, que je serais obligé de lui soumettre en me tenant en équilibre sur mes pattes de devant, le temps qu’elle lise tout ça en prenant bien son temps… Sans blague !
Orca maître-chat a plus d’un tour dans son sac, croyez-moi !

Je ne peux résister au plaisir de vous relater les progrès que j’accomplis, régulièrement, dans le cœur de ma famille d’accueil… Qui aurait dit, il y a à peine six mois, que je partagerais à plein temps la vie de week-end de M’dame Mimiche et M’sieur Dan (oui, je lui ai aussi changé son nom, ça fait plus moderne je trouve) ?
A plein temps, je dis bien… Et cela s’est fait si doucement, si naturellement.
Tact et diplomatie… Ah merci, merci Maman !

Jusqu’il y a une semaine, je dormais encore dehors. Je passais le samedi et une partie du dimanche chez eux, bien installé sur le divan du salon, choyé, nourri comme un coq en pâte… Mais lorsqu’ils allaient se coucher, je devais sortir.
Il suffit de si peu pour changer une situation inconfortable, si vous saviez ! Un doux regard blessé, plein de reproche… Un petit gémissement…
Le cœur humain se fend.
- Il pleut… je n’aurai jamais le cœur de faire sortir ce chat sous la pluie !
Je coule un regard mordoré, plein d’adoration, sur la personne qui vient de prononcer ces quelques mots. Je me garde bien de faire remarquer que mon état de SDF me met fréquemment en contact avec les éléments déchaînés…
- On va l’emmener dans la chambre !
J’étais aux anges, vous savez ! Evidemment, dimanche soir, je me retrouverai dehors… mais ne voyons pas si loin : toute nuit de confort est bonne à prendre !

Ils étalent une couverture duveteuse au pied de leur lit. Je m’y étends voluptueusement. Je ne mettrais pas longtemps à m’habituer à tout ça, je crois !
Tiens, qu’est-ce que c’est que ça ? M’dame Mimiche m’appelle :
- Orca, viens voir !
Intrigué, j’y vais voir. Elle est occupée à disposer sur le sol de la chambre voisine une espèce de grand plateau empli d’une matière grumeleuse.
- C’est pour le petit pipi !
- Très joli, dis-je poliment.
Je n’ai rien compris, mais cela n’a sûrement aucune importance. Si la douce Ardoise était là, je lui demanderais, mais elle est absente ce week-end. Paraît que c’est une citadine « invertébrée », comme on dit.
Je retourne me coucher sur la couverture et je dors toute la nuit ! Au matin, je claironne: « Debout, là-dedans, je dois faire mes petits besoins ! »
Ils soupirent mais se lèvent quand même, ouvrent la porte du jardin. Je sors, me soulage. Je reviens. Comment ? Ils ont fermé la porte !
Je saute sur l’appui de fenêtre, me dresse tout debout. Je miaule désespérément, dépité.
Ils ne me laissent entrer qu’une heure après. Je suis indigné :
« Hé, vous auriez pu ouvrir plus tôt ! »
- On s’est rendormis, Orca, désolée…
Le lendemain…

Je ressentais comme une petite lourdeur dans le ventre, mais je n’ai rien dit. Dans le lit, ça ronflait ferme.
Je suis allé renifler le plateau de sable qui ne m’a pas livré ses secrets.
« Dans le doute, abstiens-toi », qu’elle disait aussi, ma Maman !
J’ai déposé un petit cadeau, tout petit, à côté du beau bac à sable bien propre.
Et figurez-vous que, le matin venu, je me suis fait gronder :
c’était pas ça qu’il fallait faire !
- Orca ! Petit cochon !
Je me suis senti soulevé, posé dans le bac à sable. M’dame Mimiche agitait mes deux pattes antérieures pour me montrer : « Gratt, gratt, gratt… Regarde ! C’est comme ça qu’on fait ! »
Je lui dédie mon plus beau regard doré…. Plein d’incompréhension.
- Qu’est-ce qu’on va faire de ce chat ? Il est peut-être trop âgé pour être éduqué, le pauvre ?

Et subitement, l’illumination est venue ! Eurêka ! J’ai compris ! Comme ça, d’un seul coup !
J’ai été foudroyé par la Révélation !
Maintenant je sais !
Qu’est-ce que je suis intelligent, non ?

Il y a juste eu encore une fausse note… Oh, infime ! Je n’avais pas encore TOUT compris. C’est compliqué cette histoire de bac de sable, vous savez !
Admettez que, pour un chat, apprendre à se servir de cet ustensile en un week-end seulement, c’est déjà une réussite !
Mais je me demandais, pour le petit pipi…
Ce matin à l’aube, ma vessie se rappelait à mon bon souvenir.
Le bac, c’était pour le petit pipi aussi, ou pas ?
Et si je faisais ça discrètement, dans un récipient plus approprié ? Ce serait mieux, non ?
J’ai suivi mon impulsion puis me suis recouché, satisfait.

Deux heures plus tard…
-Mais ! Ma pantoufle est trempée ! s’est étonné M’sieur Dan en chaussant une de ses charentaises. C’était vrai, elle dégoulinait un peu…
Un ange est passé. Je l’ai suivi du regard sur le plafond de la chambre.
Ils ont trop ri pour me gronder. Paraît que je ferai mon apprentissage petit à petit…
Les pantoufles de M’sieur Dan sont dans la poubelle… Apparemment, ce n’était pas le récipient adéquat.
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mer 3 Mar - 23:17:15

Bonsoir,
j'ai bien ri en lisant l'histoire d'Ardoise, de sa rencontre avec Caramel. C'est du bon vraiment. A quand la suite... Je l'attend avec impatience!!!
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Jeu 4 Mar - 19:38:26

Merci Scouby pour cette suite.

Le coup de la pantoufle m'a fait bien rire.

J'ai hâte de lire la suite

Encore une fois bravo

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 16 Mar - 10:30:52

Scouby , tu n'aurais pas une petite page de cette belle histoire à nous poster Question

J'aime tellement que je suis impatiente de lire la suite

Bonne journée

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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 16 Mar - 11:44:29

Dans le dialecte bruxellois, le suffixe "ke" veut dire affectueusement "petit" : Ardoiseke = petite Ardoise
Ceci pour une meilleure compréhension du dialogue qui va suivre...

NOUVEAU DIALOGUE DE CHATS

Orca (souriant) : Bonjour, belle Ardoise !
Moi (décontenancée) : Vou-z-issi ? Dans mon appartement ?
Orca (rassurant) : Mais non, chère Ardoise, je vous parle par télépathie ! En ce moment, je suis assis sur la pelouse de votre jardin, à la campagne !
Moi (soulagée) : J’aime mieux ça !

Je regarde autour de moi : ah, mon appartement douillet et tranquille ! Que je suis heureuse d’en être la seule maîtresse ! Orca ici, ce serait un cataclysme ! Attila ! Un ouragan ! Un cyclone ! La fin du monde ! Pis encore !

Le cyclone Orca : Mais non, ce ne serait pas si terrible !
Moi (stupéfaite) : Comment savez-vous ce que je pen…
Orca (doctoral) : Nous communiquons par télépathie, ne l’oubliez pas !

Si je ne peux plus penser en toute liberté, maintenant ! Comment rompre le contact ?

Orca (souriant) : C’est très facile : il vous suffit d’arrêter de penser à moi !
Moi (véhémente) : Mais je ne pense pas tout le temps à vous !
Orca (conciliant) : Pas tout le temps, non, mais souvent quand même ! La preuve : il m’a suffi de me concentrer un tantinet et… clic ! Contact !
Moi (bougonnant) : Enfin, ce qui compte, c’est que vous ne soyez pas ici en chair et en os, à me pomper l’air jusque chez moi !
Orca (séducteur) : Vous n’avez pas envie de faire la conversation ? Vous devez vous ennuyer là, toute seule !
Moi (volubile) : Non, non, je dors presque tout le temps ! Je fais de la relaxation. Parfois, je joue avec mes petites souris. Puis je vais manger. Puis je me rendors. Puis…
Orca (estomaqué) : Une vraie vie de pacha, dites donc !
Moi (indignée) : Mais si, je suis un chat ! Je vous défends d’en douter !
Orca (vivement) : Loin de moi cette pensée ! Je voulais dire : une vie agréable, pleine de délices…
Moi (blasée) : Oh, ça, c’est beaucoup dire ! Je ne suis pas mal lotie, c’est vrai, mais la gamelle est un peu monotone…Qu’est-ce que vous mangez, là, chez moi à la campagne ?
Orca (illuminé) : Les week-ends, c’est extra ! Des boîtes que m’achète M’dame Mimiche : Kitekat, Whiskas et tutti-quanti…
Moi (stupéfaite) : Tiens, vous trouvez ça extra, les boîtes ? Moi je préfère les barquettes…

Orca (sur sa lancée) : L’autre jour, j’ai reçu des rillettes ! Et des saucisses de Francfort !
Moi (frissonnante) : Beurk ! Et en semaine ?
Orca (assombri) : Ah, en semaine, faut que je me débrouille tout seul… Je fais les poubelles…
Moi (connaisseuse) : Comme moi quand j’étais petite !
Orca (soupirant) : Parfois, j’attrape un oiseau ou un petit rongeur…
Moi (dépitée) : J’y suis jamais arrivée ! Une seule fois, j’ai tué un papillon, sans le faire exprès ! Je me suis fait enguirlander, j’vous dis pas ! Et ici, les oiseaux, je ne les vois que derrière une vitre !
Orca (inquiet) : Dites donc, ça a l’air d’une prison, votre appartement !
Moi (avec feu) : Pas du tout ! C’est le plus adorable endroit du monde ! Un paradis sur terre ! Mais je crois que ça ne vous plairait pas…
Orca (affirmatif) : Je le crois aussi. J’ai besoin de ma liberté ! L’idéal, tenez, ce serait week-end tous les jours de la semaine ! La pitance et le lit assuré, et pouvoir sortir quand je veux !
Moi (abasourdie) : Le lit ?
Orca (modeste) : Mais oui, vous ne saviez pas ? Vos parents m’hébergent pour la nuit, maintenant !
Moi (sidérée) : Et quand vous devez sortir ? Pour vos petits besoins ?
Orca (triomphant) : Je les réveille et ils m’ouvrent la porte ! Mais ça n’arrive qu’au matin : en général, je dors comme une souche toute la nuit ! Ils ont dit que j’allais recevoir une chatière pour mon prochain petit Noël ! Peut-être même avant…
Moi (ahurie) : Ils sont zinzin !
Orca (ravi) : Mais non, ils m’aiment bien et je suis très gentil avec eux ! Ils m’ont même donné un diminutif affectueux, comme on parle en Belgique : ils me disent Or-katteke !
Moi (suffoquant) : Kêksaveudire ?
Orca (déconcerté) : Heu… Petit chat en or, à mon avis !
Moi (revancharde) : À moi, ils m’ont donné tout plein de diminutifs-z-affectueux : Mon-Ardoiseke, Grominou, Mamourette, P'tit-bout’chat, Minettadorée… et j’en passe !
Orca (songeur) : Je ne crois pas que ça me plairait qu’on m’appelle " Mamourette " !
Moi (m’esclaffant) : Au fait, ma Bobonne (que vous connaissez, je pense) demande souvent de vos nouvelles. C’est gentil, non ?
Orca (méfiant) : Très !
Moi (me tordant) : Voui, hi hi ! Elle demande comment va la petite chatte Orcatte !
Orca (vexé) : C’est malin ! Bon, c’est pas tout ça, faut que j’aille à la recherche de mon repas, on n’est pas samedi, aujourd’hui ! Dormez bien, Grominou !

Contact rompu ! Et comme par un fait exprès, il m’appelle du surnom qui me plaît le moins : Grominou !
Je rumine.

Or-katteke ! Je vous demande un peu ! Si ça ne dépendait que de moi, ce serait : Hors, kat ! Dehors, le chat ! Du balai !
Grrrr ! M’énerve, ce matou !
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Scouby
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MessageSujet: Re: Chatte des villes et chat des champs (extraits)   Mar 16 Mar - 11:52:48

Et encore un petit chapitre raconté par Ardoise...

CHOSES SERIEUSES (?)


Ma mère d’adoption a posé, sur le dossier du canapé (je suppose que c’est pour dissimuler les traces de mes griffes), un tissu de style Laura Ashley, avec des petites fleurs. Il ne m’a pas fallu longtemps pour découvrir là une nouvelle occasion de m’amuser.
Je m’approche doucement du canapé, par derrière, et grimpe vélocement (avec mes griffes, bien sûr !) jusqu’au sommet.
— Bouh ! Regarde, Michèle, qu’est-ce que tu vois ?
Elle tourne la tête : une grosse bosse déforme le tissu. La bosse, bien sûr, c’est moi !
Quand j’ai bien ri et batifolé, je cours dans la chambre, déniche on ne sait comment un sac de plastique et m’y engouffre.
Je reviens dans le salon avec le sac autour du cou. Michèle pousse un cri d’horreur et s’empresse de me débarrasser de mon jouet.
— Ardoise ! Tu vas finir par t’étrangler !
— Beuh non !
— Ces sacs en plastique, ces élastiques que tu mâchonnes… Rien de plus dangereux !
— Je sais ce que je fais, sois tranquille !
J’affecte là une assurance que je ne ressens pas tout à fait. C’est vrai que j’ai parfois du mal à dégager mon cou et mes pattes d’un sac en plastique ! Michèle les cache soigneusement dans un placard, mais comme je suis toujours à l’affût d’un moment d’inattention…

À présent, elle est en train de lire un magazine, blottie dans son fauteuil préféré. Je grimpe sur ses genoux et m’y étale, avide de caresses.
Elle cache précipitamment ses pieds dans un pan de sa robe de chambre. Elle sait très bien, en effet, que je fais une fixation sur ses orteils. Il suffit que je les voie pour éprouver l’irrésistible besoin de m’y attaquer avec appétit, même dans mes moments les plus sentimentaux ! Je ne sais pas pourquoi, je suis comme ça ! J’ai peut-être en moi les gènes d’un ancêtre tigre ?
Elle décide d’entreprendre une conversation sérieuse. Depuis quatre ans que nous vivons ensemble, je comprends son langage sans effort, à présent. On ne peut pas dire que ce soit réciproque, mais elle fait des progrès, je dois bien l’admettre.
— Ardoise, te rends-tu compte que, l’année prochaine, tu auras sept ans ?
— Et alors ?
— C’est l’âge de raison, dit-elle doctement, il faudrait te montrer moins chaton, moins brouillon, plus adulte…
Je me marre, au point de manquer tomber de mon perchoir.
— Il est vrai que ta grande puérilité fait partie de ton charme, concède-t-elle, un peu découragée.
— Mais j’ai toujours le visage sérieux : c’est toi-même qui l’affirmes !
— C’est un air que tu as. Mais quand on te connaît…
— Et puis, tu as aussi dit à Daniel, pas plus tard qu’hier : « Notre Ardoise est tellement fantaisiste et intelligente ! » Tu te souviens ? Tu as dit ça parce que je voulais passer la nuit dans le panier du linge à repasser !
Je sais très bien qu’elle admire ma vive imagination. Ce n’est pas elle qui arriverait à passer toute une vie, sans jamais s’ennuyer, dans un espace clos ! Moi, si : je vis des tas d’aventures passionnantes dans cet appartement qui se transforme en parcours d’obstacles, en brousse, en forêt vierge, au gré de ma fantaisie. J’y trouve toujours un élément nouveau qui éveille mon intérêt enthousiaste.
Décidément, je prends le dessus dans cette conversation soi-disant sérieuse. Taquine, j’assène le coup de grâce :
— Si je calcule bien, à sept ans, j’aurai quelque chose comme 49 ans de vie de chat, et toi seulement 46. Tu me devras le respect… Hi hi hi !
On n’a plus parlé de l’âge de raison. Subitement, ce sujet n’a plus intéressé Michèle.


J’ai eu un moment d’exultation, dimanche passé !
Daniel et Michèle sont revenus de la campagne, le soir. Comme d’habitude, ils sentent le feu de bois mal allumé et traînent des sacs emplis de linge sale. Comment font-ils pour tellement se salir, là-bas ? Est-ce que je tache ma jolie robe grise, moi ?
En brave chatte, je me dresse sur le dossier du canapé pour les accueillir d’un petit Miaou ! joyeux.
— Eh bien, Ardoise, dit Daniel en me caressant, tu es quand même plus civilisée que ton copain !
Qu’a donc fait l’Orca ? Je suis tout ouïe.
— Il a arrosé la pantoufle de Daniel cette nuit ! s’esclaffe Michèle.
Je hoche la tête avec commisération : quel bouseux, cet Orca !

Si je vous raconte ça, hein, c’est pour que vous sachiez tout, parce que je ne sais pas si le gaillard a osé avouer ça ! Si ? Ah tiens, je n’aurais pas cru…
Arroser une charentaise… Vraiment, quelle drôle d’idée !
J’en conclus avec satisfaction que, décidément, il existe un abîme de différences entre une adorable chatte éduquée à la ville, charmante, distinguée, intelligente etc. etc. etc., et un matou natif d’un village de la Belgique profonde ! Vous ne pensez pas ? Hé hé !!!


Puisque nous en sommes aux choses sérieuses, je vais un peu vous parler de mon père d’adoption, Daniel. En général, il est gentil avec moi, mais parfois il fait des remarques que je n’apprécie pas tant, par exemple… (qu’est-ce que vous dites de ça ?)

— Mais ce chat devient énorme ! C’est effrayant !
Michèle : « Pourtant, elle ne mange pas des quantités astronomiques… »
Moi, plaintive : « C’est vrai, je ne mange presque rien ! Je grignote… »
Visiblement, il ne me croit pas. Pourtant, je suis de bonne foi, vous savez ! Je me contente de toutes petites bouchées, tranquilles, régulières, tout au long de la journée… Est-ce ma faute si l’assiette se vide toute seule ?
— Cette chatte devrait courir (Aïe !), faire du sport (Ouille !). Où a-t-elle fourré ses petites souris en tissu ?
Bon, je veux bien lui faire plaisir, je suis une bonne fille, moi. Je me mets en position de guet, sous une chaise, le corps tout aplati, prêt à bondir… Mais c’est vrai ça : où sont mes souris ?
Michèle cherche : « Ah, en voilà une ! »
— C’est une blanche, dis-je, déçue. Je préfère les grises. Les blanches m’inspirent moins, allez savoir pourquoi !
— Une seule souris ! Pourtant au départ, tu en avais huit, Ardoise !
Huit ? Tant que ça ? Mais c’est vrai, elle a raison… Mais alors, où sont toutes les autres ?
— Je les ai peut-être mangées ? dis-je spirituellement.
Ils me regardent tous deux avec des yeux ronds. Ils n’ont décidément aucun sens de l’humour : les voilà qui ont pris pour argent comptant ma petite plaisanterie !
Mais que c’est bête, des humains !

Pour montrer ma bonne volonté, je cavale derrière la petite souris qui reste. Pouf, pouf, pouf !
Je fais le tour du hall, une fois, deux fois (le hall n’est pas très grand, il faut l’avouer) puis je vais m’asseoir sous la table, exténuée.
— Eh bien, Ardoise, tu ne joues plus ?
Mais de quoi donc ils se mêlent, tout le temps ? Bien sûr que si, je joue ! Je joue à hypnotiser la souris de mon regard fascinant et minéral ! Accroupie comme je le suis, sous la nappe, je sais très bien que mes yeux prennent un éclat phosphorescent particulièrement inquiétant.
— Vous ne pensiez quand même pas que j’allais courir toute la soirée ! dis-je, indignée. D’ailleurs, courir me donne faim : c’est un cercle vicieux !
Comme mon raisonnement est inattaquable, ils ont fini par me laisser tranquille…
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Chatte des villes et chat des champs (extraits)
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